ACTE II, SCÈNE V. iti
PHILIKTE.
On en parle assez mal.
Lisette, a part .
Cet homme est laconique.
Isabelle, à Philinte.
Qu’y désapprouvez-vous? Les vers, ou là musique ?
Je sais peu de musique , et fais de méchants vers , Ainsi j’eu pourrais bien juger tout de travers.
Et d’ailleurs j’avouerai qu’au plus mauvais ouvrage, Bien souvent, maigre moi, je donne mon suffrage. Un auteur, quel qu’il soit, me paraît mériter Qu’aux efforts qu’il a faits on daigne se prêter.
LISETTE
Mais on dit qu’aux auteurs ia critique est utile.
PHILINTE
La critique est aisée, et l’art est difficile.
C’est là ce qui produit ce peuple de censeurs,
Et ce qui rétrécit les talents des auteurs.
(A Isabelle.) <
Mais vous êtes distraite, et paraissez eu peine.
ISABELLE
Je n’en puis plus.
PHILINTE
Bon dieu ! qu’avez-vous ?
ISABELLE
La migraine.
philinte, s’en allant avec précipitation. Jem’enfuis.
Isabelle, le retenant ,
Non , restez.
LE GLORIEUX
Quel excès de faveur!
ISABELLE
C’est moi qui vais m’enfuir. Je crains que ma douleur Ne vous afflige trop. Je souffre le martyre.
J’en suis au désespoir. Je veux vous reconduire.
(Il met ses gants avec précipitation .)
Madame, vous plaît-il de me donner la main ?
ISABELLE
Je n’en ai pas la force. Adieu, jusqu’à demain.
A quelle heure, madame?
ISABELLE
Ali ! monsieur, à toute îieure Mais ne me suivez point, de grâce.
philinte, à Lisette.
Je demeure
Pour vous dire deux mots.
LISETTE
Monsieur. . . en vérité
J’ai la migraine aussi. Vous aurez la bonté De 11e pas prendre garde à mon impolitesse ,
Et mon devoir m’appelle auprès de ma maîtresse. (P/iilinte lui donne ta main et la reconduit.)