‹ Répertoire général du théâtre françaisChapitre 132 sur 280 · ACTE II, SCÈNE XIV. i8n · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XIV. i8n

le comte, à Pasquin qui présente un siège . Faites asseoir monsieur... Non, offrez le fauteuil.

Il ne le prendra pas ; mais...

tISiMOS.

Je vous fais excuse.

Puisque vous me l'offrez, trouvez bon que j’en use.

Que je metale aussi ; car je suis sans façon ,

Mon cher, et cela doit vous servir de leçon,

Et je veux qu’entre nous, toute ceremonie,

Dès ce même moment , pour jamais soit bannie.

Oh çà, mon cher garçon , veux- tu venir chez moi ?

Nous serons tous ravis de dîner avec toi.

LE COMTE

Me parlez- vous , monsieur ?

LISIMOS.

A qui donc , je te prie ?

À Pasquin ?

LE COMTE

Je l’ai cru.

L I S I M O TSt,

Tout de bon ? Je parie Qu’un peu de vanité t’a fait croire cela ?

LE COMTE

Non ; mais je suis peu fait à ces manières-là.

Oh bien ! tu t’y feras , mon enfant. Sur les tiennes, A mon âge, crois-tu que je* forme les miennes?

LE COMTE

Vous aurez la bonté d'y faire vos efforts.

LISIMO N.

l iens , chez moi le dedans gouverne le dehors. Je suis banc.

Théâtre. Coin. Cil Vc^s. J «

LE COMTE

Quant à moi , j’aime la politesses

LIS IMOS,

Moi , je ne îVune point, car c’est une traîtresse Qui fait dire souvent ce qu’on ne pense pas.

Je hais, je fuis ces gens qui font les délicats,

Dont la fière grandeur d’un rien se formalise,

Pt qui craint qu’avec elle on familiarise ;

Et uja maxime , à moi, c’est qu’entre bons amis, Certains petits e'carts doivent être permis.

LE COMTE

D’amis avec amis on fait la différence,

LIS ï M O N*

Pour moi, je n’en fais point.

LE COMTE

Les gens de ma naissance Sont un peu délicats sur les distinctions ,

Et je ne suis ami qu’à ces conditions.

Ouais î vous le prenez haut. Ecoute, mon cher comte, ci tu fais tant le Mer, ce n’est pas là mon compte.

Ma fille te plaît fort, à ce que l’on m’a dît.;

Elle est riche, elle est belle, elle a beaucoup d’esprit; Tu lui plais ; j’y souscris du meilleur de mon âme, D’autant plus que par là je contredis ma femme,

Qui voudront m'engendrer d’un grand complimenteur. Qui ne dit pas un mot sans dire une fadeur.

Mais aussi, si tu veux que je sois ton beau-père,

11 faut baisser d’un cran , et changer de manière:

Gu, sinon, marché nul.

Page 1