‹ Répertoire général du théâtre françaisChapitre 138 sur 280 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

ISABELLE

El pourquoi non, monsieur?

Chacun a sa manière

De penser; mais pour moi...

Lisette , a part .

Le comte de Tufière

Est un franc glorieux ; on me l’avoit bien dit.

ISABELLE

Je lui trouve un bon cœur joint avec de l'esprit ,

De la sincérité' , de l’amitié , du zèle ,

Et je ne puis avoir trop de retour pour elle.

Car enfin....

LE COMTE

Votre père a-t-il fixé le jour Où je dois recevoir le prix de mon amour?

ISABELLE

Vous allez un peu vite , et nous devons peut-être,

Avant le mariage , un peu mieux nous connoître ; Examiner à fond quels sont nos sentiments,

Et ne pas nous fier aux premiers mouvements.

C’est peu qu’à nous unir le penchant nous anime,

Il faut que ce penchant soit fondé sur l’estime.

Elle COMTE.

J’attendois de vous, a parler franchement,

Moins de précaution et plus d’empressement.

Je croyois mériter que d une ardeur sincère Votre cœur appuyât l’aveu de votre père.

Et que sur votre hymen me voyant vous presser,

Vous me fissiez l’honneur de ne pas balancer.

igo LJS GLORIEUX.

ISABELLE

Moi , j’ai cm mériter que du moins pour ma gloire , Vous me fissiez l'honneur de ne pas tant vous croire ; Que de votre personne osant moins piésumer,

Vous parussiez moins sûr que Ton dût vous aimer j Et ce doute obligeant , qui ne pourroit vous nuire , Calmeroit un soupçon que je voudrois détruire.

LE COMÏE.

Quel soupçon , s’il vous plaît ?

ISABELLE

Le soupçon d’un défaut Dont l’effet contre vous n’agiroit que trop tôt.

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