‹ Répertoire général du théâtre françaisChapitre 159 sur 280 · ACTE IV, SCÈNE III, ai · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III, ai

Qu’on ne peut se prêter à ses airs fastueux :

Il ne respecte rien , ne ménage personne;

Kt plus je le connois , plus sa gloire m'étonne* LYCAXDRE.

Ali ! que vous m’affligez !

LISETTE

Et pourquoi , s’il vous plaît ?

lycandre.

Mais vous-même, pourquoi prenez- vous interet A ce qui le concerne ? Est-il donc bien possible.

Qu’à votre empressement il se montre sensible, Jusquesfl vous marquer des égards, des bontés?

' LISETTE

Il n’a payé mes soins que par des duretés.

Je ne puis y penser sans répandre des larmes.

N’importe ; à le servir je trouve mille charmes.

1YCASDRE.

Qu’entends-je ? Juste ciel ! Quel bon cœur d’un coté l De l’autre quel excès d’insensibilité î O détestable orgueil ! Non , U n’est point de vice Plus funeste aux mortels , plus digne de supplice. Voulant tout asservir à scs injustes droits, l 'e l’humanité même il étouffe la voix.

Je i 'éprouve.

LYCANDRE.

, * Four vous , vous serez , je l’espère ,

I a consolation d'un trop malheureux père

LISETTE

A chaque instant, monsieur, vous me parlez de lui.

II devoit à mes yeux se montrer aujourd’hui î

Mais il ne paroît point. Vous me trompiez peuf-êffe.

LE GLORIEUX

LYCANDRE.

Un peu de patience ; il va bientôt paroitre.

LISETTE

Pourquoi differe-t-il de trop heureux moments ?

Que ne vient-il s’offrir à mes embrassements ?

IYOANDRE.

Maigre' votre bon cœur , il craint que sa pre'scnce Ne vous afflige.

LISETTE

Moi ? Se peut-il qu:il le pense ?

Il craint que ses malheurs, trop dignes de pitié,

Ne refroidissent même un peu votre amitié.

tISETTt.

Ali ! qu’il me connoît mal !

LYCANDRE.

Enfin , avant qu’il vienne, Sur sa triste aventure il veut qu’on vous prévienne. Peut-être espérez- vous le voir dans son e'clat,

Et vous le trouverez dans un cruel état.

LISETTE

Il m'en sera plus cher ; et loin qu’il m’importune ,

J1 verra que mon cœur, plein de son infortune, Redoublera pour lui de tendresse et d’amour.

Tout baigné de mes pleurs , avant la fin du jour H sera possesseur du peu que je possède.

Mon zèle à ses malheurs servira de remède.

Je ferai tout pour lui. Si je n’ai point d’argent,

J’ai de riches habits dont on m’a fait présent :

Je garde un diamant que m’a laissé ma mère.

Je vais tout engager, tout vendre pour mon père.

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