L I S ET T E
Oui.
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LYCANDRE.
L’orgueil.... L’orgueil de votre mère; Par son faste , les biens se sont évanouis:
Son orgueil a causé des malheurs inouïs.
LISETTE
Eh comment ?
LYCANDRE.
Une dame assez considérable Lui disputant lé pas dans un lieu respectable,
En reçut un affront si sanglant , si cruel ,
Qu’elle en fit éclater un déplaisir mortel.
L’époux de cette dame enflammé de colère,
Pour venger cet affront , attaqua votre père Au retour d’une chasse, et prit si.bien son temps, Qu’ils se trouvèrent seuls pendant quelques instants. D’un trop funeste effet sa fureur fut suivie!
1 vouloit se venger ; il y perdit la vie.
3n un mot , votre père , en défendant ses jours ,
Tua son ennemi ; mais sans autre secours Théâtre, Coin, en vevs. y.
a 1 8 LE GLORIEUX.
Que celui de son bras armé pour sa défense.
Les parents du défunt poussèrent la vengeance Jusqu’à faire passer ce malheureux combat.
Pur effet du hasard, pour un assassinat.
Des témoins subornés soutiennent l’imposture.
On les croit. Votre père, outré de cette injure,
Se défend; mais en vain. lise cache. Aussitôt Un arrêt le condamne : et pour fuir l’échafaud,
Il passe en Angleterre , où quelques jours ensuite Votre mère devient compagne de sa fuite ,
Le rejoint avec vous qui sortiez du berceau;
Et son orgueil puni la conduit au tombeau.
LISETTE
Ciel ! que m’apprenez- vous ? Ce n’esf. donc pas ma mère Que j’avois au couvent, et qui m’étoit si chère?
LîCÀSDRE.
C’étoit votre nourrice. Elle vous ramena,
Suivit exactement l’ordre que lui donna Votre père, deux ans après sa décadence ,
De venir dans ces lieux élever votre enfance,
Se disant votre mère , et cachant votre nom.
LISETTE
Mais pourquoi ce secret ? et par quelle raison Me laisser ignorer de quel sang j’étois née ?
L YC À2JDR E.
Pour vous rendre modeste autant qu’infortunée,
Et pour vous épargner des regrets, des douleur»
Jusqu’à ce que le ciel adoucit vos malheurs.
C’est ainsi que l’avoit ordonné votre père ;
Et sa précaution vous étoit nécessaire.
LISETTE
Je brûle de le voir , et je tremble pour lui.