SCÈNE II
ISABELLE, VALÈRE, LISETTE* liset.te , hValère.
Vous voilà bien rêveur?
VALÈRE
Et j’ai sujet de l’être.
Aux yeux de mon ami je n’ose plus paraître.
J’ai servi son rival. Je ne puis m’empêcher,
Même devant vous deux , de me le reprocher.
C’est une trahison dont j’étois incapable.
Si l'amour n’eût voulu que j’en fusse coupable.
LISETTE
Vous vous en repentez ?
VALÈRE
Je m’en repentirois,
Si je vous aimois moins. Mais enfin je voudrois Que vous déclarassiez le motif qui vous porte À marquer pour le comte une amitié si forte.
LE GLORIEUX
LISETTE
Ce motif est très juste; et quand vous L’apprendrez, Bien loin de m’en blâmer, vous m’en applaudirez.
Je le veux croire ainsi ; mais daignez m’en instruire.
LISETTE
Je l’ignorois tantôt, et ne pouvois le dire.
Je le sais à présent , et ne le dirai point.
VALÈRE
Pourquoi vous obstiner à me cacher ce point ?
Quoi! faut-il qu’un amant vous trouve si discrète? Isabelle, à Valere .
Mais c’est donc tout de bon que vous aimez Lisette? VALÈRE.
Je l’aime , et m’en fais gloire.
ISABELLE
Ün tel attachement
Prouve mieux que jamais votre discernement :
Mais quel en est l’objet? quelle est votre espérance?
LISETTE
Souffrez que là-dessus nous gardions le silence.
ISABELLE
J’y veux bien consentir, et me fais cet effort Jusqu a ce que l’on ait décidé de mon sort.
VALÈRE
Il est tout décidé.
Juste ciel !
VALÈRE
Et mon père ,
Pour dicter le contrat, est chez notre notaire/