CLÉ
Est-ce être glorieux que d’avoir de l’honneur?
LE MARQUIS
De l’honneur?... On n’en a qu’aulant qu’on fait figure... Ah ! je vois ce que c’est. Madame te rasstire ;
Tu crois...
clé o 5, V interrompant .
Non, mon malheur a produit son effet,
Et me rend à ses yeux un méprisable objet.
J’attendois de sa part une main secourable;
Mais son cœur, effrayé du sort d’un misérable,
Oppose à mon espoir l’obstacle d’un tuteur 5 Qui ne souffriroit pas quelle fît mon bonheur.
LE MARQUIS
|Qui? lui, te traverser?... Pitoyable défaite!
C’est un vieux idiot , un homme qui végète ,
Qui ne sait ce que c’est que de rien refuser,
Et dont, comme il lui plaît, elle peut disposer.
CLÉ 0 5, a Cidatise.
V oilà donc ce tuteur pour moi si redoutable ?
cidalise, montrant le marquis.
£coutez-vous un fou?
LE DISSIPATEUR
le marquis.
C’est un fou raisonnable ,
Du moins, par intervalle... Ah ! je vous connois bien. Vous le croyez perdu , parce qu’il n’a plus rien ;
Mais j’ai trente moyens pour le tirer d’affaire.
cid alise, ironiquement.
Il n’a qu’à se former sur votre caractère ,
Il ne sauroit manquer.
LE MARQUIS
Rien ne lui manquera Lorsque de vos liens il se délivrera ;
Et les avis d’un fou pourroient le rendre sage.
c II) ALISE.
Eh bien î pour son repos, je romps son esclavage ,
Et je lui rends un coeur qu’il m’offrit à regret.
CLÉ ON
Vous ne l’eiites jamais ; et toujours, en secret ,
Il a penché pour celle à qui v otre artifice Àvoit su m’enlever , sans l’en rendre complice.
Le ciel m’en est témoin; ce ciel qui me punit D’avoir cru les flatteurs , et suivi mon dépit.
Vous m’aviez aveuglé ; vous me rendez la vue,
Et tout mon malheur vient de vous avoir connue.
cid Ali se, ironiquement.
J’aime ce ton tragique, il vous sied à ravir î...
Dans vos besoins urgents il pourra vous servir....
Il ne vous reste plus que l’art de la parole ,
Et je vous laisse, en paix, méditer votre rôle.
( Elle sort d’un air dédaigneux, }