ACTE III, SCÈNE III
mélite, bas , a Ariste.
Quoi?.. *
LE MARQUIS
Que de vous offrir et ma vie et mes bien? t Et.de munir à vous par deternels liens:
Kecevez donc enfin mes vœux et mon hommage^
[Il se jette aux genoux de Mélite.) AiîiSTE,rt part.
Je joue ici, vraiment, un joli personnage!
mélite, au marquis .
Levez-vous, finissez, ou je sors à l’instant.
C’est donc là tout le prix d’un amour si constant ?
mélite, à Ariste.
Vous pouvez endurer?...
ariste, bas , a Mélite .
Contraignez-vous , de grâce.
( Haut. )
Madame , j’entrevois , par tout ce qui se passe ,
Qu’il vous aime ardemment, qu’il ne peut vous toucher^ Que sa poursuite est vaine, et qu’il devroit tâcher D 'éteindre un feu qui met tant de trouble en son âme,
A moins que vous n’ayez entretenu sa flamme :
Auquel cas, entre nous, vous auriez très grand tort..
Cela n’est-il pas vrai?
MÉLITE
J’en demeure d’accord.
m j’ai flatté monsieur de la moindre espérance ,
Qu’il le dise.
Ariste.
Je sors. Peut-être ma présence L’empêche de parler librement avec vous.
MÉlite, le retenant .
Cette discrétion excite mon courroux.
Restez. Et vous, marquis, expliquez-vous sans feindre. De cet ami commun nous n’avons rien à craindre :
Il faut qu’il sache tout. Dites la vérité.
LE MARQUIS
Eh Lien ! vous allez voir mon ingénuité.
Aeiste, 5e mettant entre eux deux.
Tant mieux. Pour me donner de plus sûres lumières, Dites si ses discours, ses regards, ses manières,
Quand vos empressements l’pbligeoient à vous voir , Ont pu dans votre cœur exciter quelque espoir.
Pour bien juger , il faut d’exactes connoissances.
Ainsi n’oubliez pas les moindres circonstances.
MÉlite, d’un air piqué.
Et sachez , pour ne pas l’éclaircir à demi ,
Qu’il n’y prend d’autre part que celle d’un ami ,
Tout prêt à me blâmer, tant il est juste et sage,
Pour peu que contre moi vous ayez d’avantage.
A RI STE
Ah ! je vous en réponds. Fiez-vous-en à moi.,
LE MARQUIS
Vous verrez à quel point ira ma bonne fol 1 A i\ i s T E.
Dépêchez.
LE MARQUIS
Je dis donc, sans aucun préambule.
Que lorsque je lui fis un aveu ridicule De mes feux, ( car il faut l’avouer franchement, Je sais que jç m’y pris très' ridiculement: )
Elle me répondit par un éclat de rire - Qui me déconcerta plus que je ne puis dira.