ACTE III, SCÉ1SE YI
CÉLIANTE, à part . ,
(Au marquis.)
Oh ! je m’en doutois bien. Un penchant légitime Pour vous depuis long-temps m’inspire de l’estime.
LE MARQUIS
Votre estime, madame, est-elle le seul prix Qui dut récompenser un cœur vraiment épris ?
CÉLIANTE.
Vous vous piquez, marquis, de tant d'indifférence ,
Que, lorsqu’on vous estime, on fait beaucoup, je pcasc. le marquis.
Mais, si je me rendois à vos divins appas.,
Si je vous l’avouois ?
Je ne le croirois pas,
LE MARQUIS
Pourquoi voudriez- vous refuser de me croire ?
CÉliAnte, se cachant de son éventail .
C’est que je n’oserois prétendre à tant de gloire.
le marquis.
Ah î ne rougissez point d’un si charmant aven,
Et daignez l’achever pour prix du plus beau feu..
CÉliAnte, minaudant.
Eh ! de grâce , marquis , finissez ce langage ;
.Vous feignez de m’aimer, et n’êtes qu’un volage.
LE MARQUIS
Je vous aime, et je veux vous aimer constamment.
( A part. )
On ne peut pas mentir plus intrépidement.
CÉLIANTE.
ïe n ose vous promettre une égale tendresse ;
Mais je sens que pour vous mon cœur parle et s’empresse. Ü me dit... fi.
LE MA» QUI S
Que dit-il? >
CÉ LIANTE, rt part.
Il dit que j’ai menti.
LE marquis, à paru Par ma foi , je la tiens.
CÉ LIANTE, à part.
Le voilàfconvertî.
le marquis, à part.
Qu’une femme coquette est facile et crédule !
CÉliANTE, à part.
Oh ! qu’un amant novice est fade et ridicule !
LE MARQUIS
Vous venez de tomber dans les réflexions?
CÉLIANTE.
Je méditois à part sur vos perfections.