‹ Répertoire général du théâtre françaisChapitre 58 sur 280 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ARISTE, LISIMON.

- J e vous cher chois , mon fils. #

Ai* ISTE.

^ Quel sujet vous amène ?

En nous quittant sitôt, vous m’avez mis en peine.

J etois indisposé.

Pendant tout le repas ,

J’ai bien vu qu’avec nous vous né vous plaisiez pas.

LE PHILOSOPHE MARIÉ, ACTE IT, SC. IL 79 Quelqu 'important sujet vous gêne et vous applique.

Je vous trouve rêveur, sombré, mélancolique,

Vous que j’ai toujours vu d’une aimable gaîte',

Qui faisoit rechercher votre société.

Nous n’avons pu lirer un mot de votre bouche ;

Et votre oncle, qu’au fond rien n 'afflige et ne touche, Quoique souvent pour rien il se mette en courroux, Lui-même me paroît fort en peine de vous.

Ouvrez-moi votre cœur. Qu’est-ce qui vous afflige ?

Rien.

LIS IM 03. Vous me trompez.

A RI S TE

Moi ?

LISIMON.

Vous me trompez, vous clis-jc; Si vous êtes fâché de me voir de retour.

Je suis prêt à partir avant la fin du jour.

Moi fâché de vous voir ! O ciel ! quelle injustice ^

Avoir un tel soupçon , c’est me mettre au supplice.

Que j ’expire à vos yeux , s’il est plaisir pour moi Plus grand que le plaisir que j’ai quand je vous voi ! LISIMOS.

Je vous crois. Cependant d’où vient cette tristesse? Quelque souci secret vous ronge et vous oppresse. ARISTE.

Cela se peut.

l 1 s 1 m o fl.

Pourquoi me parler à demi ?

Suis-je pas votre père, et, de plus, votre ami ?

8o LE PHILOSOPHE MARIÉ.

Oui , votre ami, mon fils, et j’ai bien lieu de letrfl D’un fils dont le bon cœur s’est, si bien fait connoître D’un bis de qui l’amour, de qui les tendres soins Ont depuis si long-temps prévenu mes besoins.

ÀIUSTE.

Vous me rendez confus. Mais si j’ai pu vous plaire, En ne faisant pour vous que ce que j’ai dû faire,

J’en veux la récompense.

LIS IMOS.

Et quoi ?

ARISTE

C'est d'obtenir

Que vous n’eu rappeliez jamais le souvenir.

Soit. Je satisferai votre âme généreuse :

Je m’en fais une loi qui m’est bien onéreuse; .

Mais à condition (je suis ami prudent)

Que vous me choisirez pour votre confident.

Eh bien ! vous le serez. Votre bonté décide...

Mais quand je veux parler , mon respect m’intimide. l : s i wl o N.

Est-ce ainsi qu’on en use ave-' un ami sûr?

Tout franc , ce procédé me paroi t un peu dur.

AB ISTE

Ah ! ne me blâmez point, et plaignez-moi.

L i • ÏMON.

.Te gage

Que ce trouble est l’effet de votre mariage.

ARISTE

(A pari.)

Quel mariage ? Ô ciel ! sauroit-il mon secret ?

Page 1