‹ Répertoire général du théâtre françaisChapitre 65 sur 280 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

A RI STE , LISIMON.

LIS IM OS

Puisqu’ Au délai notre homme a consenti , De ce brutal , enfin , nous tirerons parti.

Mais quel est ce marquis pour lequel on le presse ? Il faut, pour le savoir, user ici d’adresse :

J’espère y réussir. Pour en venir à bout, J’attendrai qu’il se calme , alors je saurai tout.

Puis ensuite , appuyant le parti qu’on propose , Peut-être je pourrai faciliter la chose.

Si j’amène votre oncle au point où je le veux ,

Rien ne vous manquera pour être très heureux.

Ne craignant plus de perdre un fort gros héritage. Vous vous déclarerez sur votre mariage.

A It 1 s T E.

Non, vraiment.

LIS IM O X

Et pourquoi ?

Je l’avoue à regret ,

Tout mon bonheur consiste à garder le secret.

Et quel sujet encor pourra vous y contraindre?

Si votre oncle se rend , qu’aurez-vous plus à craindre , Dites-moi ?

ARISTE

Ce n’est pas mon oncle que je crains,

C’est le public; c’est lui pour qui je me contrains.

IISIMOU.

Le public ? Poux le coup , votre discours m’étonne. Avez-vous épousé , mon fils , une personne Dont le nom , la conduite , ou quelqu autre sujet ,

Vous forcent à cacher ce que vous avez fait ?

ARISTE

Elle est d’un sang illustre ; elle est belle, elîe est sage ; Et l’on ne peut rien dire à son désavantage.

Pourquoi de votre hymen êtes-vous donc honteux ?

Pourquoi ? C’est qu’il me donne un ridicule affreux. Tous ceux que j’ai raillés, vont railler sur mon compte. Tôt ou tard je vaincrai cette mauvaise honte.

Aidez-moi maintenant à cacher mon secret : l’appréhende, surtout, un marquis du Lauret,

Railleur impitoyable , amoureux de ma femme.

LISIMON.

Amoureux?

ARISTE

Oui. Jugez de l’état de mon âme.

J’aime mieux le souffrir, le voir à ses genoux, Que de me déclarer eu qualité d’époux.

LISIMON.

Le cas est tout nouveau.

ARISTE

Dites même bizarre.

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