‹ Répertoire général du théâtre françaisChapitre 67 sur 280 · ARISTE , MÉLITE, CÉLIANTE , FINETTE · texte numérisé non relu

ARISTE , MÉLITE, CÉLIANTE , FINETTE

CE LIANTE

Oui , son procédé m’irrite ;

J’en veux avoir raison.

MÉLITE

Modérez ce courroux :

Peut-être a-t-il dessein de se donner à vous.

CÉLI ANTE

Qu’il m’adore , s’il veut ; je le liais , le déteste.

Me croyez-vous donc fille à prendre votre reste ?

A RIS TE

De qui parlez-vous là ?

Nous parlons du marquis.

CÉLIANTE.

M’adorer par dépit ! Ah ! le trait est exquis, le voudrois bien savoir si, sans extravagance. Quelqu’un vous peut , sur moi , donner la préférence. Pour vous offrir ses vœux, ma sœur, plutôt qu’à moi, Il faut être imbécile ou philosophe.

AlilSTE.

Eh quoi I

Toujours désobligeante ? Est-elle criminelle ,

Si quelqu’un près de vous ose la trouver belle ?

ME LITE

Nie voyez- vous 5 ma sœur, chercher des soupirants,

Cu , pour vous les ôter , m’offrir à leur encens ?

Faut-il même avouer , pour vous rendre contente ,

Que mes traits font horreur, que vous êtes charmante? Je le déclarerai devant qui vous voudrez,

Et tout autant de fois que vous l’exigerez.

Ce seroit là nous rendre une égale justice ;

Mais je n’exige point un pareil sacrifice.

Ne parlez point pour moi, mes traits parleront mieux A quiconque a du goût, de l’esprit et des yeux.

Quant à notre marquis , c’est chose très constante ,

Que j’ai dû, plus que vous, lui paroître charmante.

Page 1