AU 16 TE
Quoi ?
FINETTE
J 'augura
Que vous n’aurez jamais grande progéniture.
À lt 1 s T E.
Mais? je n’ai pas trente ans. A mon âge , je crois...
On dit qu’on n’a jamais tous les dons à la fois,
Et que les grands esprits , d’ailleurs très estimables ,
Ont fort peu de talent pour former leurs semblables.
Finette a de l’esprit , et s’en sert joliment :
Il faut faire réponse à son doux compliment.
On souffre un temps les airs d’une fille suivante ,
Que trop de bonté gâte et rend impertinente :
Elle offense , elle aigrit sans s’en embarrasser ;
Un jour elle conclut par se faire chasser.
Je pense que Finette est assez raisonnable Pour prendre en bonne part cet avis charitable ,
Et pour en profiter avec attention ;
Sinon , gare l’instant de la conclusion.
FINETTE
Ce conseil aigre-doux mérite une réplique.
iS LE PHILOSOPHE MARIÉ.
Je vois qu’un philosophe est mauvais politique, Puisqu’il n’observe pas que c’est être indiscret Que de chasser quelqu’un qui sait notre secret; Surtout si ce quelqu’un est dum sexe qui penche Au plaisir de jaser et d’avoir sa revanche.
AKISTE.
Ta réplique est très juste ; et les maîtres prudents ■Doivent au poids de l’or payer leurs confidents.
(Il liri donne de l’argent.)
Voici pour t’apaiser et t’imposer silence.
(A part.)
Mon lot est de souffrir et d’avoir patience.
FINETTE
Votre secret , monsieur , grandement me pcsoit :
Mais ceci le rendra plus léger qu’il n’étoit.
Par vos riches leçons je me sens plus discrète : Répétez-les souvent, et je serai muette.
A RI STE
S’il ne tient qu’à cela , je puis compter sur toi.
FINETTE
Tant que vous paierez bien , je vous réponds de moi. Mais, à propos, vraiment, j’oubliois de vous dire Que votre femme... non, que madame désire...
Madame ?
FINETTE
Ma maîtresse. Ah! j’y suis, dieu merci 1 Que ma maîtresse donc voudroit venir ici ,
Pour vous entretenir sur certaines affaires,...
An I ST E.
Nos entretiens de jour ont fort peu nécessaires ;