ACTE V, SCÈNE VIT, n
C EL IA N TE
Vous allez voir beau jeu.
d A m o N , a Célituite .
Gardez-vous de l’aigrir.
CELlANTE.
Mon dieu , laissez-moi faire.
Je m’en vais, en deux mots, accommoder l’aiFaire. d A m o N.
Ou , plutôt , la gâter.
géronte, à Céliünte .
Ah î ma belle , est-ce vous Dont mon sot.de neveu prétend être lepoux?
céliAnte.
Et quand cela seroit , qu’y trouvez-vous à dire ?
finette, h part.
L’entretien sera vif, et je m’apprête à rire.
GÉRONTE
Mais je n’y trouve, moi, qu’une difficulté :
Le mariage est nul , de toute nullité.
CÉLlANTE.
Je soutiens qu’il est bon , et bon par excellence ,
Et qu’il n’y manque pas la moindre circonstance.
On n’a rien oublié.
GÉRONTE
Que mon consentement ,
Et celui de mon frère.
CÉLlANTE.
On s’en passe aisément ,
Comme vous le voyez.
G É R onte', h Lisimon.
Tubleu, quelle commère !
io.
£i4 le philosophe marié.
CÉliAnte, h Lisimon.
Apparemment, monsieur, vous êtes 3e beau-père?
LISIMON.
Je suis père d’Ariste.
Ayez la fermeté
De vous servir ici de votre autorité.
Si j’en crois votre fils, vous êtes homme sage,
Qui , loin de chicaner sur un bon mariage ,
Signerez au contrat sans vous faire prier.
('Â G é roule.)
Pour vous , il vous sied bien , mon petit financier, Fier d’un bien mal acquis, de blâmer l’alliance D’une fille d’honneur, et d’illustre naissance.
Oh bien I tenqe de moi , pour un fait assuré,
Que vous vous en devez croire fort honoré ;
Que c’est risquer beaucoup qu’insulter ma famille , Et qu’on vaut mieux cent fois que votre belle-fille.
g É r o N t e , a Lisimon.
C’est donc là cet esprit sage, modeste, doux,
Qui devoit, tout d’abord, désarmer mon courroux?
LISIMON.
Mon fils me l’avoit dit. Mais quelle est ma surprise ? Je crois que notre sage a fait une sottise.
GÉR ONTE
Et vous me retiendrez encore après cela ?
LISIMON.
Madame , il vous sied mal de prendre ce ton-là ;
Et l’air dont vous venez de parler à mon frère ,
Me fait mal augurer de votre caractère.
Tant pis pour vous , monsieur.