SCÈNE IL
LISETTE, PASQUIN
LISETTE
Mon cher monsieur Pasquin, je suis votre servante.
Très-humble serviteur à l’aimable suivante B’une aimable maitfesse.
LISETTE
Un si doux compliment Mérité de ma part un long remercîment ;
Mais pour m’en acquitter, je manque d’éloquence. Vous vous contenterez de cette révérence. - Je vous ai fait attendre.
LE GLORIEUX
PAS QUI N
A vous parler saris fard ,
Ma- reine , au rendez-vous vous venez un peu tard.
LISETTE
J'aurois voulu pouvoir un peu plus tôt m’y rendre. PASQUIN.
Autrefois j’étois vif, et j’enrageois d’attendre*,
Rien ne pouvoit calmer mes désiis excités :
Mais l’âge a mis un frein à mes vivacités.
LISETTE
Si bien que vous voilà devenu raisonnable !
PASQUIN
Et j’en suis bien honteux,
LISETTE
Honteux d’être estimable?.
PASQUIN
Oui , de l’être avec vous ; et je lis dans vos yeux, Qu’avec moins de raison je vous plairois bien mieux.
À moi ? Je vous fuirois , si vous étiez moins sage. PASQUIN.
Me voilà donc au fait, et j’entends ce langage.
Vous me trouvez trop vieux pour être un favori ;
Et de moi vous ferez un honnête mari.
Je me sens pour ce titre un fonds de patience ,
Dont vous pourrez bientôt faire l’expérience.
LISETTE
Vous vous trompez bien fort; car je ne veux de vous Ni faire mon amant, ni faire mon époux.
PASQUIN
Que me voulez-vous donc ? Quel sujet nous assemble ?
LISETTE
Je veux que nous tenions ici conseil ensemble.