‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 145 sur 269 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

parmi nos anciens maîtres qu’jls se sont fçrt pou »inps en peine de donnera leurs poèmes le uom des héros qu’ils y faisoient paroître, et leur ont souvent fait porter celui des chœur6, qui ont qncore bien moins de part dans l’action que lcS personnages épisodiques comme Rodogune ; 'te» moiu les Tacliiniennes de Sophocle, que nous n’aurions jamais voulu nommer autrement que la Mort d’Hercule. V"\* .»

Pour le second point, je le tiens un peu plus difficile à résoudre, et n'en voudPois pas donner» mon opinion pour bonne: j’ai erp. que, pourvu que nous conservassions les effets de l’histoire , toutes les circonstances, Ou, comme je Viens de les nommer, les achèvemeus , étoient en notre pouvoir; au moiçs je ne pense point avoir vu de règle qui restreigne cette liberté que j’ai prise. Je m’en Suis assez bien trouvai en cette tragédie ; mais comme .je l’ai poussée encore plus ioiu datls Iléraclius , que je viens de mettre sur le théâtre, ce sera en le donnant au public que je tâcherai de la justifier, si je vois que les savans s’en offensent, ou que le peuple en murmure. Cependant ceux qui auront quelque scrupule m’obligeront de considérer les deux Electre de Sophocle et d'Euripide, qui, consorvanl le même effet, y parviennent par des voies si différentes, qu’il faut nécessairement conclure que l’uue des deux est tout à lait de l’invention de son auteur. Ils pourront éucore jeter l’œil sur l’Iphigénie in Ta-urjs, que notre Aristote nous donne pour

.. iîe ^Corneille. - 217

exemple d’une parfaite tragédie, et qui a bien

la mine d’tkre toute de même nature, vu qu’elle T *>

u r est fondée que sur cette feinte que Diane enleva t- Ipbigéuie du sacrifice dans une utfée, et suppoSa 'w * uue biche en sa place. Enfin ils pourront prendre A

garde h l’ilèlène d’Euripidc, où la principale ®‘ action et les épisodes, le nœud et le dénoue- V

v uicnt^ sont entièrement inventés sous des noms

véritables. 1

Au reste , si quelqu’un a la curiosité de voir cette bfstoire plu? au long, qu’il prenne la peine de lire Justin , qui la commence au treutc-sixièm© . ;

livrç, et l’ayant quittée, la reprend sur la fin du . *

trente-huitième, et l’achève au trente-neuvième.

H la rapporte un peu autrement, et ne dit pas que >

Cléopâtre tua son mari, mais qu’elle l’abandonna,

et qu il fui tué par le commandement d’un des

capitaines d’un Alexandre qu’il lui oppose. Il varie

qpssi beaucoup sur ce qui regarde Tryphort etson

pupille , qu’il nomme Antiochus , et ne s’accorde

avec Appian que surce qui se passe entre la mère * ■

et les deux fils. • “

Le premier livre des Macliabées, aux chapitres ij, J 3, 14 et 1 5 , parle de ces guerres de Tryphon , et de la prison de Démétriuschez lesParthesjmais i{ nojnme ce pupille Antiochus ainsi que Justin, ** et attribuera défaite de Tryphon à Antiochus fils, «

de Demétrius, et non pas-à son frère, comme fait J ' j j

Appian que j ai suivi, et ne dit rien du reste.

Joseph, au treizième livre des antiquités judaïques, nomme encore ce pupille de Tryphon

2l8 'préface de corneille.

Antioctius , fait marier Cléopâtre à Antiochus, frère de Démétrius, durautla captivité de ce premier mari chez les Partlies,lui Attribue la défaite ™ et la mort deTryphon, s’accorde avec Justin touchant la mort de Démétrius abandonné et non pas tué par sa femme, et ne parle point de ce qu’Appian et lui rapportent d’elle et de ses deux fils, dont j’àiTait cette tragédie. .

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PERSONNAGES

CLEOPATRE, reine de Syrie, veuve, de Démétrius Nicanor.

SÉLEUCUS, î fils de Démétrius et dé Gleo- ANTIOCHUS, y pâtrè.

KODOGUNE, sœur de Phraates , roi des Parthes. TIMAGENE, gouverneur des deux princes. * ORQNTE , ambassadeur de Phraates.

LAONICE, sœur de Timagène, confidente de Cléopâtre. ' . ~ .

La scène-est à Séleucie , dans le palais royal.

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TRAGÉDIE

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