R OD O GU NE, ORONTE
RODO GUNE.
Que ferons-nous, Oron te, en ce péril extrême,
Où l’on fait de mon sang le prix d’uni diadème? Fuirons-nous chez mon frère? attendrons-nousla mort? Ou ferons-nous contre elle un généreux effort ? *
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Notre fuite, Madame , e»t assez ili itlcile •
J’ai vu dçs gens (Je guerre épandus par la yille.
Si l’on veut votre perte, on vous faitobsorv erj Ou, s’il vous est permis encor de vous sauver, • L'avis de Laouice est sans doute une adresse :
. reignant de vous servir, elle sert sa maîtresse.
La reine, qui surtout craint de vous voir régner, Vous donne ces terreurs pour vous faire éloigner Et, pour rompre un hymen qu’avec peine elle euchi Elle en veut à vous-méme imputer la rupture.
Elle obtiendra par vous le but de ses souhaits,
Et vous accusera de violer la paix; 4
Et le roi, plus piqué contre vous que contre elle, Vous voyant lui porter une guerre nouvelle, Blâmera yos frayeurs et nos légèretés D’avoir osé douter de la foi des traites;
Et peut-être, pressé des guerres d* Arménie , \ous laissera moquée, et la reine impunie.
-A. ces honteux moyens gardez de recourir.
C est ici qu xl^voûs faut ou régner, ou périr.
Le ciel pour vous ailleurs n’a point fait de couronne • Et r ou s’en rend indigne alors qu’on l’abandonne.
RODÇGUNE.
Ah! que de vos conseils j’aimerois la vigueur,
Si nous avions la.lorce égale à ce grand cœur!
Mais pourrons-nous braver une reine en colère Avec ce peu de gens que m’a laissés mon, frère?
ORONTfc.
J’aurois perdu l’esprit si j’osois me vanter Qu’avec ce peu de geus nous puissions résister.
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