‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 210 sur 269 · G LÉO N E. · texte numérisé non relu

G LÉO N E.

J’aurois cru les Romaips un peu moins scrupuleux ;

Et la mort d’Annibal m’eùt fait mal juger d eux.

* ARSINOE. .

Nc,leur impute pus une telle injustice ;

’ Un Romain seul l’a faite., et par mon artifice. Rame'l’eùt laissé vivre; et sa légalité N’eût point forcé les lois de l’ hospitalité.

Savante à ses dépens de ce qu’il savoit faire ,

'.Elle le souffroit mal auprès d’un adversaire; ^

Mais quoique , par ce triste et prudent souvenir, De chez Antioclius elle l’ait fait bannir ,

VCTÎT I, SCENE V.

Elle anroit vu couler sans crainte et sans envie Cljez un priiïce allié les restes de sa vie.

Le seul Flitmiwius, trop piqué de l’aflrout Que son père défait lui laisse sur le front ,

(Car je crois que tu sais que, quand l’aigle romaine Vit choir ses légions aux bords du Trasimèuc , Flamiuiu^on père en étoit général ,

Et qu’il y tomba morale la main d’Annibal.; )

Ce fils donc, qu’a pressé la soif de sa vengeance, S’est aisément rendu de momintelligence : WS"

L’espoir d’en voir l'objet etitre ses mains remis A pratiqué par lui le retour de mon fils;

Par lui j’ai jeté Rome eu haute jalousie De ce que Nicomède a conquis dans l’Asie,

Et de voir Laodice unir tous ses Etats ,

Par l’hymen de ée prince , à ceux de Prusïas :

Si bien que le sénat prenant Un juste ombrage D’un empire si grand sous un si grand courage,

Il s’en est fait nommer lui-mêmo ambassadeur,

Pour rompre çct hymen et borner sa grandeur.

Et voilà le seul point où»Rome s’intéresse.

c LÉO ne. ’ :

Àttale à ce dessein entreprend sa maîtresse !

Mais que n’agissoil Rome avant que le retour De cet amant si cher affermît sou amour?

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Irriter un vainqueur en tète d’une armée Prête à suivre en tons lieux sa colère allumée, C’étoittrop hasarder; et j’ai cru pour le'mieux Qu’if falloit de son fort l’attirer en ces lieux.

3aas - sicomedi.

Métrobate l’a fait par des terreurs paniques , Feignant de lui trahir mes ordres tyrannique^

Et pour l’assassiner se disant suborné ,

Il l’a , grâces aux dieux , doucement amerté.

H vient s’en plaindre au roi , lui demander justice Et sa plainte le jette au bord du précipice^

Sans prendre aucun souci de me justifier,

Je saurai m’en servir à me fortifier. '

Tantôt en le voyant j’ai fait de l’effrayée,

J’ai changé de couleur, je me suis écriée u U a cru me surprendre , et l’a cru bien e^vain ,

Puisque son retour même est l’œuvre de ma main.

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