PRUSIAS, ARSINOÉ, ARASPE
PR US I AS.-
Faites venir le prince , Araspe. ’ •
( Araspe rentre. ) ' \ '
~ ■ ' • ; Et Vous , Madame ,
Retenez des soupirs dont vous me percez Finie.
Quel besoin d’accabler mon cœur de vos douleurs, . Quand vous y pouvez tout sans le secours des pleurs ? Quel besoin que tes pleurs prenneri t votre défense ? Bouté-je dé son crime, ou de votre innocence ?
Et reconnoissez-vous que tout ce qu’il m’a dit Par quelque impression ébranle mon esprit ? '
ARSINOÉ
^ Ah! Seigneur, est-il rien qui répare l’injure Què fait à l’innocence un moment d’imposture ?
Et peut-on voir mensonge assez tôt avorté Pour rendre à la vertu toute" sa pureté ? . - Il en reste toujours quelque indigne mémoire Qui porte une souillure à la plus haute gloire. Combien dans votre cour est-il de médisants J!
Combien le prince a-t-il d’aveugles partisans,
Qui , saçhant une fois qu’oh m’a calomniée , .
Croiront què.votre amour m’a sejd justifiée !
"• 358 WICOMÈT»E. ' ■
Et si la moindre tache en demeure en mon nom ,
Si le moindre du peuple en conserve un soupçon , Suis-je digne de vous ? et de telles alarmes " Touchent-elles trop peu pour mériter mes larmes.