‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 254 sur 269 · ATT A CI · texte numérisé non relu

ATT A CI

Mais, Madame.... .* > i

. t „ . AB SI N O É. - , . .

Eh bien , soit , je veux qu’elle se rende : Prévois-tu les malheurs qu’eusuile j’apprélietule ?

Ht

374 NTCOMÈDE.

Sitôt que d’Arménie elle t’aura fait roi ,

Elle t’engagera dans sa haine pour moi.

Mais, odieux! pourra-t-elle y borner sa vengeance? Pourras-tu dans son lit dormir en assurance ?

Et refuse ra-t-ellcà son ressentiment Le fer ou le poison pour venger son amant ?

Qu’est-ce qu’en sa fureur une femme n’essaie ?

ATTALE

Que de (busses raisons pour me cachet- la vraie !

Rome , qui n’aime pas à. voir un puissant roi , *

L’a craint en Nicomède, et le craindroit en moi.

Je ne dois plus prétendre â l’hymen d’une reine ,

Si je-ne Veux déplaire à notre souveraine ;

Et puisque lq fâcher ce seroit me trahir,

Afin qu’elle me souffre, il yaut mieux obéir.

Je sais par quels moyens sa .sagesse profonde • S’achemine A grands pa« à 'l’empire du monde : Aussitôt qp’un Etat devient un pen trop grand ,

Sa chute*doit guérir l’orifbrage qu’elle en prend.

C’est blesser les Romains qufe faire une conquête,

Que mettre trop de bras sous une seule tête )

Et leur guerre est trop juste après eet attentat . Que fait sur leur grandeur un tel crirpe d’Etat.

Eux qui pour gouverner sont les premiers des hommes Veulent que sous leur ordre on soit ce que nous sommes, Veulent sur tous les rois un si,haut ascendant Que leur empire seul demeure indépendant.

Je k;9 oennois, Madame, -et j’ai vu cet ombrage Détruire Antiocbus, et renverser Car thage.

Page 1