‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 31 sur 269 · i B'OJU.VEUCTE · texte numérisé non relu

i B'OJU.VEUCTE

Apprenez en deux mots leur brutale insolence.

Le piètre avoit à peine obtenu du silence,

Et devers l’orient assuré son aspect ,

Qu’ils ont fait éclater leur manque de respect.

A chaque occasion de la cérémonie,

A l’envi l’un et l’autre étaloit sa manie,

Des mystères sacrés hautement se moquoit,

Et frai toit de mépris les dieux qu’on iuvoquoit. Tout le peuple en murmure, et Félix s’en offense. Mais tous 'deux s’emportant à plus d’irrévérence,

« Quoi ! lui dit Pqly eucte en élevant sa Yoix, Adorez-vous des dieux ou de pierre ou de bois? » ici dispensez-moi du récit des blasphèmes Qu’ils ont vomis tous deux contre Jupiter mêmes: L'adultèire et l’inceste en étoicut les plus doux.

« Oyôz, dit-il ensuite, oyez, peuple, oyez, tous. Le Dieu de Polyeucte et celui de Néarque De la terre et du ciel est l’absolu monarque ,

Seul être indépendant, seul maître du destin,

Seul principe éternel, et souveraine fin.

C’est ce Dieu des chrétiens qu’il faut qu’on remercie Des victoires qu’il donne à l’empereur Décie ;

Lui seul tient en sa main le succès des combats:

11 le veut élever, il le peut mettre à bas;

Sa bonté , sou pouvoir , sa justice est immense ; C’est lui seul qui punit, lui seul qui récompense : \^>us adorez en vain des monstres impuissans. »

Se jetant K ces mots sur le vin et l’encens,

Après eu avoir mis les saints vases par terre , m Sans crainte de Félix , sans crainte du tonnerre,

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