‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 58 sur 269 · ACTE V, SCÈNE IV. C · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV. C

M’titant fait cct effort , j’ai fait ma sùretd.

Mais n’es-tu point surpris de cette dureté?

Vois-tu comme le sien des cœurs impénétrables, • Ou des impiétés K ce pointexécrables?

Du moins j’ai satisfait mon esprit affligé :

Pour amollir son cœur je n’ai rien négligé;

' J’ai feint même à tes veux des lâchetés extrêmes.

Et certes, sans l’horreur de ses deïnicrs blasphèmes, Qui m’ont rempli soudain de colère et d’effroi, J’-aurois'.eu delà peine à triompher de moi.

u ALBIN.

Vous maudirez peut-être un jour cette victoire,

Qui tient je ne sais quoi d’une action trop noire, Indigne de Félix, indigne d’uil romain ;

Répandant votre sang par votre propre main.

FÉLIX

Ainsi l’ont autrefois versé Brute et Manlie ;

Mais leur gloire en a cru, loin d’en être affoiblie;

Et qüaud nos vieux héros avoient de mauvais sang, Ilseussent , pour le perdre, ouvert leur propre flanc.

ALBIN

Votre ardeur vous séduit ; mais, quoiqu’elle vousdtc, Quand vous la sentirez une fois refroidie ,

Quand vous verrez Pauline, et que son désespoir Par ses pleurs et ses cris saura vous émouvoir

FÉLIX. . V

Tu me fais souvenir qu’elle a suivi ce traître,

Et que ce désespoir qu’elle fera paroître De mes commandemens pourra troubler l’effet f- Vadonc, cours y mettre ordre, et voir ce qu’elle fait;

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Romps ce que ses douleursy donneroient d’obstacle : Tire-la , si tu peux , de ce triste spectacle ;

Tâche à la consoler. Va donc $ qui le retient?

ALBIN

Il n’en est pas besoin, Seigneur, elle revient.

* SCÈNE V. \ . ■"

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