‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 114 sur 187 · DON À ISABELLE , CARLOS, BLANCHE · texte numérisé non relu

DON À ISABELLE , CARLOS, BLANCHE

* ÇA(U o-s. '•

M adame, Commandez qu’on me laissqên "repos, * Qu’On n,e confonde plus don Sanche avec' Carlos :

C’esfc faire au nom d’un prince une trop longue ipjure. Je né veux que celui de votre créature ; .

•Et si lé sort jaloux, qui semble me flatter, ■ * \çuCm’éIever plus haut pour m’en précipiter, " Souffrez quVn m’éloignant je dérobe ma tête A l’indigne revers qüe sa fureur ndapprête.-

AftrE IV, SCKNE /. . • t 1§X

Jelavois-cfe, trop loin- pour Uâttfendirtj eh 'ce lieu ; Souffrez qite jê'l’evrte én vous disant üdieti'j» . Souffrez..-.’

Souffrez

DdhA ISABELLE.

% Quoi ! te grSntl cœur redoute, une couronne !

Quand oh lecroit monarque , 'ibfréthit , ff-s’étouhc ! il veut fuir cette gloire , et s*e laisse alarmer fie ce' que sa vertu force (fen- présumé»!

' - ÇA H L O s. * .

Att! vous ne voyez pas que cette erreur commuqp.

. H’est qu’une trahison de ma bonne. fortune; #

Que dépi mes secrets .sont à demi ifahis. -

Jelui cachojs en. vain- ma race etmohpaVs; \ \ > En vain, sous un faux nom je me faisois connoîtré ,

. Pour lnjjfairie. oublier. ce qu’elle m’i tait naître; * * - Elle a déjà trouvé mon navs et mon nom.- - ’*

. Je suis Saafche, Mauamq,et né dans l’ Aragon ; JEt-jéjcrois déjà voir sa malice funeste .* . - .

Detuiiçe'votré ouvrage en découvrant le reste, .- .

Et faire voir icjy par «n honteux effet, J ' - • •

Quel comte - èt quel marquis \ptre faveur à fait. . ;

DONA.ISArihlflrE. • '

Po'ftrrois-je alors manquer de force ctdc éouragé î*6ur empêcher- le sort Rabattre mou oflvrage?

Ne nïe dérobez point ce qu’il ne petit- ternir;

Et la main qui l’a fait. saura le soutenir.

Mais yous vous en formez une vaine menace J.

P6ur faire un beau prétex te a l’aipour qui vous chasse Je ne denutndapl^u d’on partoit ee dédain -* . *

Quand j’ai.vqulu yoüAfaire uiï liymcç de ma main.

ijfâ • d5on saltcn V-'

Allez dans l’Aragou suivfc votrc princesse,

Mais aUêfctÿ du moins sans Ceindre une foiblçssé; Et pijrsque ce gl and çœur s’attache a ses appas »

Montrez. en la suivant que vous ne luyez pas.

CARLOS. ' '

Ah! Madame, plutôt apprenez tous mes crimes; Ma tète est à vos pieds, s’il v'ous faut des victimes, l’ont chétif uue ie suis, ie dois vous avouer

.Et, depuis que mon cœur est capable d aimer,

A’JïiQins ([ne <Tune reine , il n’a pu s’enllmnmcr;.'

"Vôilji mon premier crime: et je ne puis vous dire Qui m’a fait infidèle , ou vous , ou donc Elvire }

Mais je sais que ce cœur , de déiix parts engagé ,

Sè donnant îi vous deux ne s’est point partagé, Toujours prêt d’embrasser son service et le vôtre, Toujours prêt à mourir et pour- 1 une Qt pour 1 autie. Pour n’en adorer qu’une, il eût fallu choisir j Et ce tlioix eût été du mbms quelque désir,

.QnMquc espoir outragcux d’être mieux reçu d’elle;

Et J’ai cru moins de crime à paroître infidèle.

Qu» n’a'iien à préten Jro eu peut-bicn aimer deux ,

Et perdre, eu plus d’un lie\i des soupirs et des vœux ; Voilà mon second crime*! et quoique îna souffrance Jamais à ce beau feu ù’ail pernus d espérance,

Je ne puis, sanS mouru* d’un désespoir jaloux Vôir dans les bras d’un autre, ou doue Elvire, pu vous. •* Vqyanb que votre cîioix m’ayprêtoit ce martyre ,

'Je vaylois.jn’y soustraire qffsuîvànt doue Elyiréj

„ . ACTE iV, SCÈKE.y.» * %i 83 w

Et languir auprès (Telle, attendant que lç sort , ’ <

far un semblajdê hymen , m,’eùt-envoyéla mort. Depuis, .Toccasioti'quc vous-même avez faite M ? a fait quitter hrsoin d’une telle retraite.

Cè trouble a quelque temps amusé ma douleur;

J’ai cru par ce» combats reculer tnon malheur Le coup vie Votre perte est devenu moins rude, . Lorsque j’en ai vu l’heure en quelque incertitude ;

Et que j’ai pu me foire ung si doucefoi ,

Que ma mort vous donnât ùn plus vaillant que moi. Mais je n’ai plus , Madame , -aucun combat à faire;

Je vois pqpr vous don Sanclic un épou ^nécessaire. • Gar ce n’est point L’amour qui fait l’hymen dqs rois, Les raisons de l’Etat règlent toujours lefxr ‘choix.;

Leur sévère grandeur jamais ne 6C ravale, -*v. Ayant cleyant les yeux un prince qui l'égale:

Et, puisque.le saint nœud qui le fait votre epoux Arrête comme sœur donc El vire avec vous v .

Quê je 1153 puis la voir sans voir ce qui me tue , *• -

Permettez que j’évite, une fatale vue, •.*;

Et quC'jé-pôt’te. ailleurs les criminels Soupirs D’un reste malheureux do-tant de déplatsm». ‘ '•

V ‘ bo’îïA ISABELLE. *•

Vous m’en dites assez'pour mériter tua haine,

Si jelaissois agir les sentiinens de reine;

Par un trouble secret jè lés séns confondus :

Partez, je-lc consens, et ne les troublez "plus."

Mais non,' pour fuir don Sanche , attendez qu’feji le Voie. Ce bruit peut être faux , et me-rtiidre ma -joie. • ■>

Que dis-je? Allez, Marquis, j’ÿ .consens de nouveau s* Mais, avant que partir , donnez-lui mou anneaiï ;

don iAiitfli Acte iv, scène y.

Si cè n^pr toutefois une da^ern - trop grande •Que pour tant de fl eurs ufte reine demande. „ .

• * .'CARLOS..,,

Yous voulez que je meure j et )c doftrobiHr ,

Di\t cetie obéiSsariee à momsort me trahir :

Jfl recirvrai poHr grâce un si juste'supplipc., . •

. .S’il en rompt la menafce etprévicntlâ malice,

Et souffre qüe Carlos, on donnant cet anneau,' Emporte ce faux nom et sa gloire au tombeau, „ C’est Unui'que bonheur, pù ce coupable aspire,'

DOSA ISABELLE. -

Que n’ètes-vous donSanche , f Ah ciel! qü’ose’-ie dire?

fi- . .... 1

, Adieu : rçe croyez pa^ cq soupir indiscret,

* * * r A T. AC

Page 1