POMPÉE, PERPENNA, VIRIATE, ARISTIE, CELSUS , ARCAS, THAMIRE
PERPENNA
Seigneur , vous aurez su ce que je viens de faire.
Je vous ai de la paix immolé l’adversaire,
L’amant de votre femme, et ce rival fameux Qui s’opposoit partout au succès de vos vœux.
Je vous rends Aristie, et finis cette crainte Dont votre ame tantôt se montroit trop atteinte;
Et je vous affranchis de ce jaloux ennui Qui ne pouvoit la voir entre les bras d’autrui.
Je fais plus, je vous livre une fière ennemie Avec tout son orgueil et sa Lusitanie,
Je vous en ai fait maître, et de tous ces romains Que déjà leur bonheur a remis en vos mains. Commeenun grand dessein, etqui veutpromptitude, On ne s’explique pas avec la multitude,
sg 6 SERTORIUS.
Je n’ai pas cru, Seigneur, devoir apprendre à tous Celui d’aller demain me rendre auprès de vous;
Mais j’en porte sur moi d’assurés témoignages.
Ces lettres de ma foi vous seront de bons gages;
Et vous reconnoîtrez par leurs perfides traits Combien Rome pour vous a d’ennemis secrets,
Qui tous, pour Aristie enflammés de vengeance,
Avec Sertorius étoient d’intelligence.
Lisez.
( Il lui donne les lettres qu* Aristie avoit apportées de Rome à Sertorius. )
ARISTIE
Quoi , scélérat! quoi , lâche ! oses-tu bien....
PERPENNA
Madame, il est ici votre maître et le mien;
11 faut en sa présence un peu de modestie;
El si je vous oblige à quelque répartie,
La faire sans aigreur, sans outrages mélés,
Et ne point oublier devant qui vous parlez.
Vous voyez là, Seigneur, deux illustres rivales, Quecette perte anime à des haines égales.
Jusques au dernier point elles m'ont outragé;
Mais, puisque je vous vois, je suis assez veugé.
Je vous regarde aussi comme un dieu tutélaire;
Et ne puis... Mais, 6 dieux! Seigneur, qu’allez-vous faire ? pompée, après avoir bnilé les lettres sans les lire. Montrer d’un tel secret ce que je veux savoir.
Si vous m’aviez connu, vous l’auriez su prévoir.
Rome en deux factions trop long-temps partagée N’y sera point pour moi de nouveau replongée;
Et quand Sylla lui rend sa gloire et son bonheur,