‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 185 sur 187 · POMPÉE, VIRIATE, ARISTIE , THAMIRE, ARCAS · texte numérisé non relu

POMPÉE, VIRIATE, ARISTIE , THAMIRE, ARCAS

POMPÉE

Ne vous offensez pas d’ouïr parler en maître, Grande reine, ce n’est que pour punir un traître. Criminel envers vous d’avoir trop écouté L’insolence où montoit sa noire lâcheté,

J’ai cru devoir .sur lui prendre ce haut empire Pour me justifier avant que vous rien dire :

Mais je n’abuse point d’un si facile accès ,

Et je n’ai jamais su dérober mes succès.

2p8 SERTORIÜS.

Quelque appui que son crime aujourd’hui v ous enlè ve. Je vous offre la paix, et ne romps point la trêve;

Et ceux de nos romains qui sont auprès de vous Peuvent y demeurer sans craindre mon courroux.

Si de quelque péril je vous ai garantie.

Je ne veux pour tout prix enlever qu’Aristie,

A qui devant vos yeux , enfin maître de moi.

Je rapporte ^rec joie et ma main et ma foi.

Je ne dis rien du cœur , il tint toujours pour elle.

A RI ST IE

Le mien savoit vous rendre une ardeur mutuelle;

Et pour mieux recevoir ce don renouvelé ,

Il oubliera , Seigneur, qu’on me l’avoit volé, v I RI ATE.

Moi, j’accepte la paix que vous m’avez offerte;

C’est toutcequejepuis,Seigneur, après ma perte;

Elle est irréparable : et comme je ne voi Ni chefs digues de vous, ni rois dignes de moi.

Je renonce à la guerre , ainsi qu’à l’hyménée;

Mais j’aime encor l’honneur du trôneoù je suis née. D’une juste amitié je sais garder les lois,

Et ne sais point régner comme régnent nos rois.

S’il faut que sous votre ordre ainsi qu’eux je domine ,

Je m’ensevelirai sous ma propre ruine:

Mais si je puis régner sans honte et sans époux ,

Je ne veux d’héritiers que votre Rome, ou vous; Vous choisirez, Seigneur: ou si vqtre alliance Ne peut voir mes Etats sous ma seule puissance ,

Vous n’avez qu’à garder cette place en vos mains.

Et je m’y tiens déjà captive des Romains.

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