MARTIAN, LÉONTINE, EUDOXE
MARTI A N
Madame, pour laisser toute sa dignité A ce dernier effort de générosité,
Je crois que les raisons que vous m’avez données M’en ont seules caché le secret tant d’années. * D’autres soupçonneroient qu’un peu d’ambition,
Du prince Marliau voyant la passion,
Pour lui voir sur le trône élever votre fille,
Auroit voulu laisser l’empire en sa famille, ’
Et me faire trouver un tel destin bien doux
Dans l’éternelle erreur d’être sorti de vous : ,
Mais je tiendrais à crime une telle pensée.
^ Je me plains seulement d’une ardeur insensée ,
D un détestable amour que pour ma propre soeur Vous-mêine vous avez allumé dans mon cœur.
f>a niRACui's.. :
Quel dessein faisiez-vous sur cet aveugle inceslc?
H LÉONTINE
Je vous aurois tout dit avant ce nœud funeste ;
Et je le craignois peu , trop sûre que Phocas ,
Avant d’autres desseins, ne le. soullriroit pas.
Je voulois donc, Seigneur, qu’une flamme si belle Portât votre courage aux vertus 4'g |TCS d’elle,
Et que, votre valeur l’ayant su mériter,
Ec refus du tyran vous pût mieux irriter.
Vous n’avez pas rendu mon espérance vaine :
J’ai vu dans votre amour une source de haine ; Ehj’ose dire encor qu’un bras si renommé Peut-être auroit moins fait si le cœur n’eût aimé. Achevez donc, Seigneur; et puisque Pulchérie Doit craindre l’attentat d’une aveugle furie...’
MARTI AN
Peut-être il vaudroit mieux moi-même la porter A ce que le tyran témoigne en souhaiter :
Son amour, qui pour moi résiste à sa colère, ... ; '•
N’y résistera plus quand je serai son frère.
Pourrois-je lui trouver un plus illustre époux? LÉONTINE. 0
Seigneur, qu’allez-vous faire? et que me dites-vous?
MARTI AN
Que peut-être, pour rompre un si digne liyménée, J’expose à tort sa tête avec ma destinée;
' Et fais d’Héraclius un chef de conjurés Dont je vois les complots encor mal assurés.'
Aucun d’eux du tyran n’approche la personne :
Et quand même l’issue en pourreit être bonne ,
Peut-être