‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 31 sur 187 · T H OCA S · texte numérisé non relu

T H OCA S

Gl

\ ous pouvez m’en dire un dont je suis plus jaloux. Ou dit qu’Héraclius est fort connu de vous :

Si vous aimez mon fils, faites-le-moi connoître.

MA RT IA N

Vous le connoisscz trop, puisque je vois ce traître. ExuïinE. • '

Je sers mon empereur, et je sais mon devoir.

Chacun te l’avoùra ; tu le fais assez voir.

,'rPHOCAS.

De grâce, éclaircissez ce que je vous propose :

Ce billet à demi m’en dit bien quelque chose;

Mais, Léonce, c’est peu si vous ne l’achevez.

MARTI AN

Nommez-moi par mon nom, puisque vous le savez; Dites Hcracïius , il n’est plus de Léonce ; .

Et j’entends nion arrêt sans qu’on me le prononce.

PHOCAS

Tu peux bien t’y résoudre après ton vain effort Pour m’arracher le sceptre et conspirer ma mort.

•3’ai fait ce que j’ai dû. vivre sous ta puissance, C’eût été démentir mon nom et ma naissance ,

Et ne point écouter le sang de mes parens,

Qui ne crie en mon cœur que la mort des tyrans. Quiconque pour l’empire eut la gloire de naître, Reconce à cet honneur, s’il peut souffrir uu maître: Hors le trône ou la mort il doit tout dédaigner; C’est un lâche s’il u’ose ou se perdre ou régner.

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6; JlÉRACLIUS.

J’entends donc mon arrêt sans qu’on me le prononce. Héraclius mourra comme a vécu Léonce,

Bon sujet, meilleur prince; et ma vie et ma mort Rempliront diguement et l’un cl l’autre sort.

La mort n’a rien d'affreux pour une ame bien née:

, A mes côtés pour toi je l’ai cent fois traînée ;

Et mon dernier exploit contre tes ennemis Fut d’arrêter sou bras qui loinboit sur Ion Gis.

P ÛOCA Si

Tu prends pour me loucher un mauvais artifice: Héraclius n’eut point de part à ce service ;

J’eu ai payé Léouce, a qui seul éloil dû L’incstimable honneur de me l’avoir rendu.

Mais sous des noms divers à soi-même contraire,

Qui conserva le fils attente sur le père;

Et se désavouant d’un aveugle secours, N

Sitôt qu’il se connoît il en veut à mes jours. f

Je te devois sa vie,; et je me dois justice.

Léouce est effacé par le fils de Maurice.

Contre un tel attentat rien n’est à balancer, . \

Et je saurai punir comme récompenser.

MAKTUN.

J*; sais trop qu’un tyran est sans reconnoissaucc ‘ * Pour en avoir conçu la honteuse espérance, &

Et suis trop au-dessus de cette indignité Pour te vouloir piquer de générosité.

Que ferois-tu pour moi de me laisser la vie,

Si pour moi sans le trône elle n’est qu’infamie? Héraclius vivroit pour te faire la cour !

Rcnds-lui , rends-lui son sceptre, ou prive-le du jour.

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