‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 33 sur 187 · P U O CAS · texte numérisé non relu

P U O CAS

Et Joi , n’espère pas désormais me fléchir. ^

W . H ÉB AC-T.IUS.

Je liens ïléraclius , cl n’ai plus rien à craindre ,

PI us lieu de le ûatter , plus lieu de me contraindre.

Ce frèi-e el ton espoir vont entrer au cercueil >

El j’abattrai d’un coup sa tète et ton orgueil.

Mais ne te contraius point dans ces rudes alarmes. Laisse aller tes soupirs, laisse couler tes larmes.

PULCUKRIE.

■Moi pleurer ! moi gémir, tyran! J’aurais pleuré •Si quelques lâchetés 1 ivoient déshonoré,

S'il n’eût pas emporté sa gloire toute entière ,

S’il m’avoit fait rougir par la moindre prière ,

Si quelque infâme' espoir qu’on lui dût pardonner Lût mérité la mort que tu lui vas donner.

Sa vertu jusqu’au bout ne s est point démentie :

H n’a point pris le ciel ni le sort à partie ,

Point querellé le bras qui fait ces lâches coups ,

' Point daigné contre lui perdre un j^uste courroux. Sans te nommer ingrat , sans trop le nommer tiaitt e , De tous deux , de soi-même, il s’est montré le maître* Et dans cette surprise il a bien su courir A la nécessité qu’il voyoit de mourir.

Je goùtois cette joie en un sort si contraire.

Je l’aimai comme amant , je l’aime comme frère ;

Et dans ce grand revers je l’ai vu hautement » Digne d’être mon frère et d’être mon amant, p n oças.

Explique , explique mieux le fond de ta pensée*

Et , sans plus te parer d’une vertu forcée,

Pour appaiser le père, olfre le cœur au fds ,

Et tâche à racheter ce cher frère à ce prix.

XGTZ III, SCEPTE III.

Gj

Crois;tu que sur la foi de tes fausses promesses Mon arae ose descendre à de telles. bassesses ?

Prends mou sang pour le sien; mais, s’il y faut mon cœur,

Périsse Héraclius avec sa triste sœur !

A\’ VU O G AS. .y

Eli bien , il va périr j ta haine en -est complice.

' ‘ à r puLcuïaiE. **., f fe fty y*'*

Et je verrai du ciel bientôt elioir tén supplice.

Dieu , pour le réserver à ses puissantes mains >

Fait avorter exprès tous les moyens humains :

Il veut frapper le coup sans notre ministère.

Si l’on t’a bien donné Léonce pouf mon frère , .

Les quatre autres peut-être a tes yeux abusés Ont été, comme lui, des Césars supposés. , .

L’Etat, qui dans leur mortvoyôit trop sa - ruine, Avoft des généreux autres que Léontine j Ils trompaient d’un barbare aisément la fureur ,

Qui n’avoit jamais vu la cpur ni Tei^pejanir.

Crains, tyran* crains encor; tous les quatre peut-être L’un après l’autre enfin se vpnt faire paroi tre;

Et , malgré tous tes soins , malgré tout ton çlfort y Tu ne les connoltras qu’en recevant la mort.

Moi-même il leur défaut je serai la conquête i De quiconque à mes pieds apportera ta tête j L’esclave le plus vil qu’on puisse imaginer Sera digne de’ moi , s’il peut -t’assassiner.

Va perdre Héraclius , et quitte la .pensée*

Queje me pare ici d’une vertu foncée : • .

Et , sans m’importuner de répôndre à tes" vœux,

Si tu prétends régner , défais-toi de tous deux.

UER ACLIUS.

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