ACTE III, SCpNElV
Qu’ion en fait un fantôme afin de les tromper,
Prêts à suivre toujours qui voudra l'usurper..
PHOCAS
Lors nous leur ferons voir ce lflllet de Maurice.
Ils le tiendront pour faitx et pour un artifice : Seigneur , après vingt ans vous espérez en vain Que ce peuple ait des yeux pour connoître sa main. Si vous voulez calmer toute cette tempête ,
Il faut en pleine place abattre cette tête , " •
Et qu’il dise en mourant à ce peuple confus:
« Peuple, n’en doute point , je suis Héraclius. »
F*HOCAS.
Il le faut, je l’avoue; et déjà je destine A ce même échafaud l’infâme Léontine- Mais si ces insolfins l’arrachent de nos mains ?
- E XU PE RE. .
Qui l’osera , Seigneur?
PHOCAS
* . Ce peuple que tu crains.
EXtlPE RE.
Ah! souvenez-vous mieux des désordres qu’enfaute • Dans un peuple sans chef la première épouvante.
Le seul bruit de ce prince au palais arrêté Dispersera soudain chacun de son côté :
Les plùs audacieux craindront votre justice ,
Et le reste ‘en tremblant fra voir sou supplice.
Mais ne leur donnez pas , tardant trop à punir ,
Le temps de se remettre et de se réunir ; r
68 héracliüs.
Envoyez des soldats à chaque coin des rues»
Saisissez l’Hippodrome avec ses avenues ;
Dans tous les lieux publics rendez-vous le plus Port. Pour nous, qu’|pi tel indice intéresse a sa mort,
De peur que d’autres mains ne se laissent séduire , Jusques à l'échafaud laissez-nous le conduire.
Nous aurons trop d’amis pour en venir à bout ,
J’en réponds sur ma tête , et j’aurai 1 œil a tout.
pno cas.
C’en est trop , Exupère : allez, je m abandonne Aux fidèles conseils que votre ardeur me donne.
C’est l’unique moyen de domter nos mutins,
Et d'éteindre à jamais ces troubles intestins.
Je vais , sans différer , pour cette grande affaire , Donner à tous mes chefs un ordre nécessaire.
"Vous, pour répondre aux soins que vous m avez promis, Allez de votre part assembler vos amis,
Et croyez qu’après moi , jusqu’à ce que j expire ,
Ils seront, eux et vous, les maîtres de l’empire.
, ' SCÈNE V