‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 3Chapitre 5 sur 187 · DE COR NE I L L E. IQ · texte numérisé non relu

DE COR NE I L L E. IQ

la mort pour en préserver un autre: à quoi j’ai deux réponses à faire; la première , que notre unique docteur Aristote nous permette mettre quelquefois des choses qui même soient contre la raison et l’apparence, pourvu que ce soit hors de l’action, ou, pour me servir des termes lktinsde ses interprète*, extra fabulam, comme est ici cette supposition d’eufant , et nous donne pour exemple OEdipe, qui ayant tué un roideThèbes l’ignore encorevingtans après; l’autre, que l’acr tion étant vraie du côté de la mère, comme je 1 ai remarqué tantôt, il ne faut plus s’informer si elle est vraisemblable , étant certain que toutes les Vérités sont recevables dans la poésie , quoiqu’elle ne soit pas obligée à les suivre. La liberté qu’elle a de s’en écarter n’est pas une nécessité ; et la vraisemblance n’est qn’une condition nécessaire à la disposition , et non pas au choix du sujet ni des incidens , qui sont appuyés de l’histoire. Tout ce qui entre dans le poème doit être croyable; et il Test , selon Aristote, par l’un 3e ces trois moyens , la vérité, la vraisemblance , ou l’opinion commune. J’irai plus outre; et, quoique peut-être on voudra prendre cette proposition pour un paradoxe , je ne craindrai point d’avancer que lesujét d’une belle tragédie doit nôtre pas vraisembla-

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blc. La preuve en est aisée par le même Aristote, qui. ne veut pas' qu’on en compose une d’un ennemi qui tue son ennemi , parce que , bien que cela soit fort vraisemblable , il n’excite dans lame des spectateurs ni pitié ni crainte, qui sont les deux passions de là tragédie j mais il nous renvoie la choisir dans les événemens extraordinaires qui se passent entre personnes proches, comme d’un père qui tue son fds, une femme son mari^ un frcrc sa soeur j ce qui, n’étant jamais vraisemblable, doit avoir l’autorité de l’histoire ou de l’opinion commune pour être cru; si bien qu’il n’est pas permis d’inventer un sujet de cette nature. •C’est la raison qu’il donne de ce que les anciens trait, oient presque les mêmes sujets , d’autant qu’ils rcncontroient peu de familles où fussent arrivés de pareils désordres , qui font les belles et puissantes oppositions du devoir et de la passion.

Ce n’esl pas le lieu de hi’ëtendre ici plus au long sur cette matière: j’en ai dit ces deux mots en passant , par une nécessité de me défendre d’une objection qui détruiroit.tout mon ouvrage, puisqu’elle va à en saper le fondement , et non par ambition d’étaler mes maximes, qui peutêtre ne sont pas généralement avouées des savons. Aussi ne donné-je ici mes opinions qu’à la

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DE CORKfïLLE.

mode de M. de Montaigne , non pour bonnes , mais pour miennes. Je m’en suis bieb trouvé jusqu’à présent; mais je ne tiens pas impossible qu’on réussisse mieux en suivant les contraires.

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personnage!

PHOCAS , empçreur d’Ôriept.

HÉRACLIUS , fils de l’empereur Maurice ^ cru Martian fils de Phocas , amant d’Eudnxe.

MARTIAN, fils dePhocàs, cru l^ponce'fils dfe Léontine , amant de Piilchérie.

PLLCHÉRIE, fille deV empereur Maurice } mat- / tresse de Martian.- * ' , '■* . ■*

LÉQNTINÉ , dame de Constantinople , autrefois goüyernante d’Hér&elius et de Martian.

EUDOXE, fille de Léontine, et maîtresse d’Hé- 1 radius.

CRISPE, gendre de Phocas.

EXÙPÈRE , patricien de Constantinople.

AMINTAS , ami d’Exupère. . v Unpage^eEéôntinc. *

La scène est à Constantinople.

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HÉRÀCLIÛS,

' TRAGÉDIE. : ■ ■

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