ACTE I, SCÈNE III
DONA ISABELLE
Arrêtez, insolent : votre reine pardonne
Ce qu une indigne crainte insolemment soupçonne;
# Et, pour la démentir, veut bien vous assurer Qu au choix de ses Etats elle veut demeurer;
Que vous tenez encor même rang dans son ame;
Qu elle prend vos transports pour un excès de Iftunme ; Et qu au lieu d’en punir le zèle injurieux ,
Sur un crime d’amour elle ferme les yeux.
D. MAN RI que.
Madame, excusez donc si quelque antipathie...',
DOîfA ISABELLE.
Xe faites point ici do fausse modestie;
J’ai trop vu votre orgueil pour le justifier,
Et sais bien les moyens de vous humilier.
Soit que j’aime Carlos, soit que par simple estime Je rende à ses vertus un honneur légitime, ^
\ ous devez respecter, quels que soient mes desseins ,
Ou le choix de mon cœur, ou l’œuvre de mes mains.
Je l’ai fait votr£ égal ; et, quoiqu’on s’en mutine,
Sachez qu’à plus encor ma faveur le destine.
Je veux qu aujourd’hui même il puisse plus que moi; J’en ai fait un marquis; je veux qu’il fasse un roi.
S’il a tant de valeur que vous-mêmes le dites,
Il sait quelle est la vôtre , et connoit vos mérites,
Et jugera de vous avec plus de raison Que moi , qui n’en connois que la race et le nom. Marquis , prenez ma bague, et la donnez pour marque Au plus digne des trois que j’en fasse un monarque. * • Je vous laisse y penser tout le reste du jour.
Ilivaux ambitieux , faités-lui votre cour:
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