ACTE III, SCENE III. 23l
Que votre asthme vous tînt du haut jusques au bas; • Trois jours mon cataplasme , il n’y paroitroit pas.
THÉRÈSE
Hélas î que vous feriez une admirable cure !'
SGANARELLE
Je parle hardiment; mais ma parole est sûre.
Demandez à monsieur. Outre l’asthme , il ^voit Un bolusau côté, qui toujours s’élevoit. •
Du diaphragme impur l’humeur trop réunie Le mettoit tous les ans dix fois à l’agonie ;
En huit jours je vous ai balayé tout cela ,
Nettoyé l’impur , et... Regardez , le voilà Aussi frais, aussi plein de vigueur énergique,
Que s’il n’avoit jamais eu tache d’asthmatique.
THÉRÈSE
Son teint est frais , sans doute , et d’un vif éclatant.
SGANARELLE
Çà , voyous votre pouls. Il est intermittent ;
La palpitation du poiiYnon s’y dénote.
tuÉrÈse. •
Quelquefois...
SGANARELLE
Votre langue ? Elle n’est pas tant sotte.
En dessous , levez-la. L’asthme y paroît marqué.
Ah ! si mou cataplasme étoit vite appliqué...
THÉRÈSE
Où donc l’applique-t-on ? ,
sganarelle, lui parlant avec action , pour l'empêcher de voir que don Juan entretient tout bas Le'onor.
Tout droit sur la partie
23a U FESTIN BB P 1ER KJ..
Où la force de l’asthme est le plus départie. Comme l’obstruction se fait de ce côté ,
Il faut , autant qu’on peut , la mettre en liberté 5 Car , selon que d’abord la chaleur restringeule A pu se ramasser , la partie est souffrante ,
Et laisse à respirer le conduit plus étroit.
Or est-il que le chaud ne vient jamais du froid : Par Conséquent , sitôt que dans une famille Vous voyez que le mal prend cours...
Thérèse, à Léonor.
Petite fille,
. Passez de ce côté.
sganarelle, continuant.
Ne différez jamais.
don juan, bas , à Léonor.
Vous viendrez donc ce soir?
LÉO nor.
Oui , je vous le promets.
SGANARELLE
À vous cataplasmer commencez de bonne heure.
En quel lieu faites-vous ici votre demeure?
THÉRÈSE
Vous voyez ma maison.
sganarelle, tirant sa tabatière.
Dans trois heures d’ici j Prenez dans un œuf frais de celte poudre-ci ;
Et du reste du jour ne parlez à personne.
Voilà , jusqu’à demain , ce que je vous ordonne : Je ne manquerai pas à me rendre chez vous. THÉRÈSE.
Venez : vous faites seul mon espoir le plus doux.