‹ Repertoire general du theatre francais Th. CorneilleChapitre 159 sur 200 · DON CARLOS, DON JUAN · texte numérisé non relu

DON CARLOS, DON JUAN

DON CARLOS

Ces voleurs, par leur fuite, ont faitassezconnoître Qu’où votre bras se mon Ire on n’ose plus paroi Ire ;

Et je ne puis nier qu’à cet heureux secours ,

Si je respire encor, je ne ■doive mes jours :

Ainsi, Monsieur, souffrez que, pour vous rendre grâce...

DON JUAN

J’ai fait ce que vous-même auriez fait en ma placé;

Et prendre ce parti contre leur lâcheté Etoit plutôt devoir que générosité.

Mais, d’où vous êtes-vous attiré leur poursuite ?

DON CARLOS

Je m’étois’, par malheur, écarté de ma suite ;

Us m’ont rencontré seul , et mon cheval tué A leur infâme audace a fort contribué.

Sans vous, j’étois perdu.

Vous allez à la ville ?

DON CARLOS

Non; certains intérêts...

- • Vous peut-on être utile ?

DO N CAR LOS. .'

Cette offre met le comble à ce que je vous doi.

Une affaire d’honneur, très-sensible pour moi ,

a3(ï LE FESTIN DE PIERRE.

M’oblige dans ces lieux à tenir la campagne.

DON 3 U AN

Je suis a vous ; souffrez que je vous accompagne. Mais puis-je demander, sans me rendre indiscret, Quel outrage reçu...

DON CARLOS

de n’est plus un secret ;

El je ne dois songer, dans le bruit de l’offense, Qu’à faire promptement éclater ma vengeance.

Une sœur, qu’au couvent j’avois fait élever, Depuis quatre ou cinq jours s’est laissée enlever. Un don Juan Giron est l’auteur de l’injure :

Il a pris celte route , au moins on m’en assure ;

Et je viens l’y chercher, sur ce que j’cu ai su.

DON JUAN

Et le connoissez-vous ?

DON CARLOS

Je ne l’ai jamais vu ,

Mais j’amène avec moi des gens qui le commissent, Et par ses actions , telles qu’ elles paroissent , -

Je crois , sans passion , qu’il peut être permis... DON JUAN.

N’en dites point de mal, il est de mes amis.

DON CARLOS

* Après un tel aveu , j’aurois tort d’en rien dire ; Mais lorsque mon honneur à la vengeance aspire, Malgré cette amitié j’ose espérer de vous...

DO» JUAN

Je sais ce que se doit un si juste courroux ;

Et, pour vous épargner des peines inutiles, Quels que soient vos desseins , je les rendrai faciles.

Si d’aimer don Juan je ne puis m’empêcher,

C’est sans avoir servi jamais à le cacher :

D’un enlèvement fait avecque trop d’audace Vous demandez raison , il faut qu’il vous la fasse.

DOIT CARLOS

Et comment me la faire ?

DON JUAN

Il est homme de cœur

\ ous pouvez là-dessus consulter votre honneur j Pour se Lattre avecvous, quand vous aurez suprcndre Le lieu, l’heure et le jour, il viendra vous attendre.

\ ous répondre de lui , c’est vous en dire assez.

DON CARLOS

Cette assurance est douce à des cœurs offensés ;

Mais je vous avoûrai que , vous devant la vie ,

Je ne puis , sans douleur, vous voir de la partie.

DON JUAN

Une telle amitié nous a joints jnsqu’ici ,

Que , s’il se bat, il faut que je me batte aussi :

Notre union le veut.

don car T. os.

Et c’est dont je soupire.

Faut-il , quand je vous dois le jour que je respire,

Que j’aie à me venger, et qu’il vous soit permis D'aimer le plus mortel de tous nxes enpcmis?

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