‹ Repertoire general du theatre francais Th. CorneilleChapitre 169 sur 200 · DON LOUIS , DON JUAN SGANARELLE · texte numérisé non relu

DON LOUIS , DON JUAN SGANARELLE

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Ma présence vous choque , et jqtvois que sans peiné Vous pourriez vous passer d’un père qui vous gêne. Tous deux , à dire vrai , par plus d’upe raison.

Nous nous incommodons d’une étrange façon ;

Et , si vous êtes las d’ouïr meS remontrances ,

Je Suis bien las aussi de vos extravagances.

Ah! que d’aveuglement, quand, raisonnant en fous, Nous voulons que le ciel soit moins sage que nous , Quand, sur ce qu’il commît qui nous est nécessaire, Nos imprudens désirs ne le laissent pas foire ,

Et qu’k force de, vœux nous lâchons d’obtenir*

Ce qui nous est donné souvent pour nous punir !

La naissance d’un fils fut ma plus forte envie ;

Mes souhaits en faisoient topt le bien de ma vie j Et ce fris que j’obtiens est fléau rigdfcreux De ces jours que par lui je erbyois rendre heureux. De quel œil , dites-moi , pensez-vouà que je voie Ces commerces honteux qui seuls font vètre joie ;

Ce scandaleux amas de viles actions >

Qu’entassent chaque jour vos folles passions y Ce long enchaînement de méchantes affaires ^

Où du prince pour voué les grâces nécessaires

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ACTÉ TV, SCENE Vi

Ont épuisé déjà tout ce qu’auprès de lui Mes services pouvoient m’avôir acquis d’appui?

Ali ! fils , indigne fils, quelle est votre bassesse, ■, D’avoir de vos a'ieux dc'menti la noblesse j D’avoir osé ternir, par tant de lâchetés,

Le glorieux éclat du sang dont vous sortez,

De ce sang que l’histoire en mille endroits renomme ! Et qu’avez-vous donc fait pour être gentilhomme ?

Si ce titre ne peut vous être contesté ,

Pensez-vous avoir droit d’en tirer vanité , *

Et qu’il ait rien en vous qui puisse être estimable, Quand vos déréglemens l’y rendent méprisable ? 3V©n, noiv, de nos a'ieux on a beau faire cas,

La naissance n’est rien où la vertu n’est pas ;

Aussi ne pouvons-nous avoir part à leur gloire , *

Qu’autant que nous faisons honneur à leur mémoire. L'éclat que leur conduite a répandu sur nous ,

Des mêmes sentimens nous doit rendre jaloux ;

C’est un engagement dont rien ne nous dispense De marcher sur les pas qu’a tracés leur prudence. D’être à les imiter attachés, prompts , arden ts ,

Si nous voulons passer pour leurs vrais descendons. Ainsi de ces héros que nos histoires louent Vous descendezen vain, lorsqu’ils vous désavouent, Et que ce qu’ils ont fait et d’illustre et de grand IN’a pu de votre cœur leur être un sûr gdraut.

Loin d’être de leur sang , loin que l’on vous en compte , L’éclat n’en rejaillit sur vous qu’à votre honte^

Et c’est comme un flambeau qui , devant vous porté^ Fait de vos actions mieux voir l’indignité.

Enfin , si la noblesse est un précieux titre ,

Sachez que la vertu doit eu être l’arbitre ;

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a5o L E FESTIN DE PIERRE.

Qu’il n’cst point de grands noms qui , sans elle obscurcis.! ,

DON JUAN

Monsieur, vous seriez mieux si vous parliez assis.

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