LA DE C II E S S E
Si l’éclat qu’au palais mon hymen vous fit faire Me faisoit craindre seule un arrêt trop gévère,
Je pourrois de ce crime affranchir votre foi En déclarant l’amour que vous eûtes pour moi : Mais des témoins ouïs sur ce qu’avec l’Irlande On veut que vous ayez,...
le Comte b’essex.
La faute n’est pas grande ; Et pourvu que nos feux , à la reine cachés,
Laissent à nies jours seuls mes malheurs attachés..,.
CA DUCHESSE
Quoi! vous craignez l’éclat de nos flainmessecrète's? Ce péril vous étonne? et c’est vous qui le-faites ! La reine , qui se rend sans rien examiner,
, Si vous y consentez, vous veut tout pardonner; C’est vous qui, refusant.... . *
’ , ' LE COMTE d’eSSEX. • *
■ N’en parlons plus, Madame:
-Qui reçoit un pardon souffre un soupçon infime ; répertoire. Tome IV. Il
lîG LE COMTE d’ BSSÉX.
Et j’ai lecneur trop nnutpour pouvoir n*' abaisser A l'iudignc prière où l’on me veut forcer.
LA DUCHESSE
Ah ! si de quelque espoir je puis flatter ma peine,
Je vois bien qu’il le faut mettre tout en la reine.
Par de nouveaux efforts je veux encor pour vous Tâcher, malgré vous-même, à vaincre son courroux; Mais, si je n’obtiens rien, songez que votre vie, Depuis long-temps en bu tte aux fureurs de l’envie, Me coûte assez déjà pour ne mériter pas Que cherchant à mourir, vous causiez mou trépas. • C*est vous en dire trop. Adieu , Comte.
LE COMTE d’eSSEX.
Ah! Madame,
Apres que vous avez désespéré ma flamme, Parquelsoindemes jours.... Quoi! me quitter ainsi!