ACTE IV, SCÈNE T
Cecile les entend, etlcs a suscités j Iialetg leur a fourni toutes leurs fauss#téfT Que Ilaleig , que Cecile, et ceux qui leur ressemblent, Ces infâmes sous qui tous les gens de bien tremblent',
I aria main d’un bourreau, comme ils l’ont mérité, I-avent dans leur vil sang leur infidélité :
Alors, en répandant ce sang vraiment coupable ,
La reine aura fait rendre un arrêt équitable :
Alors de sa rigueur le foudroyant éclat, Aflermissant sa gloire aura sauvé l’Etat.
Mais sur moi, qui main tiens la grandeur souveraine , Du crime des médians faire tomber la peine !
Souffrir que contre moi des écrits contrefaits..... fton , la postérité ne le croira jamais :
Jamais on ne pourra se mettre en la pensée Que de ce qu on me doit la mémoire effacée
Ait laissé l'imposture en pouvoir d’accabler
Mais la reine le voit , et le voit sans trembler :
Le péril de 1 Etat n’a rien qui l’inquiète.
Je dois être content , puisqu’elle est satisfaite ,
Et ne point m’ébranler d’un indigne trépas Qui lui coûte sa gloire et ne l’étonne pas.
TILNEY
Et ne 1 étonne pas ! Elle s’en désespère ,
Blâme votre rigueur, condamne sa colère.
I our rendre a son esprit le calme qu’elle attend ,
. Un mot à prononcer vous coûteroit-il tant?
LE COMTE d’eSSEX.
Je crois que de ma mort le coup lui sera, rude,
' Q«'Hle s’accusera d’un peu d’ingratitude : •
l4f> LE COMTE. ü’eSSEX. ,
Je n’ai pas, on le sait , mérité mes malheur? ;
Mais ft*te«ips adoucit les plus vives douleurs. *
De scs tristes remords si ma perte est suivie,
Elle soullriroil plus à me laisser la vie.
Eoible à vaincre; ce cœur qui lui devient suspect ,
Je ne pourrois pour elle avoir que du respect;
Tout rempli de l’objet qui s’en est rendu maître,
Si je suis criminel , je voudrois toujours l’être :
Et, sans doute , il est mieux qu’eri mfc privant du jour Sa haine, quoiqu’injustc, éteigne sou amour.
TILNEï.t *
Quoi ! je n’obtiendrai rien?
LE COMTE D’ESSEX
Tu redoubles ma peine.
.-C’est assez. . . ?• v» «
TI L NE Y. - '
Mais enfin que dirai-je à la reine?
LE COMTE d’eSSEX.
Qu’on vient de m’avertir que l'échafaud est prêt; Qu’on doit dans un- moment exécuter l’arrêt;
Et qu’innocent d’ailleurs je tiens cette mort chère Qui me fera bientôt cesser de lui déplaire.
• • . TI L N e y. .i