‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 111 sur 320 · RECIT D UN VOYAGE EN CALABRE. EXTRAIT D UNE LETTRE DE P.-L. COURIER · texte numérisé non relu

RECIT D UN VOYAGE EN CALABRE. EXTRAIT D UNE LETTRE DE P.-L. COURIER

Un jour je vovageais en Calahre^. C'est un pays de méchantes gens, qui, je crois, n'aiment personne, et en veulent surtout aux Français. De vous dire pourquoi, cela serait long ; suffit qu'ils nous haïssent à mort, et qu'on passe ibrt mal son iemps lorsqu'on tombe entre leurs mains. J'avais pour compagnon un jeune homme d'une figure. . . . Je De dis pas cela pour vous intéresser, mais parce que c'est la vérité. Dans ces montagnes les chemins sont des précipices, nos chevaux marchairaat avec beaucoup de peine; mon camarade allant devant, un sentier qui hii parut plus praticable et plus court nous égara. Ce fut ma faute, de- ^ vais-je me fier à une tête de vingt ans ? Nous cherchâmes, taat qu'il fit jour, notre chemin à travers ces bois ; mais plus nous cherchions, plus nous nous perdions, et il était nuit noire quand nous Ariivâmes près d'une maison fort noire. Nous y entrâmes, non sans soupçon, mais comment faire ? Là nous troovons toute une famille de charbonniers à table, oà du premier mot on nous invita. ]\k»n jeune homme ae se fit pas prier : nous voilà mangeant et buvant, hii du moins, car pour moi j'exammais le lieu et la mine de nos hôtes. Nos hôtes avaient bien mines de charbonaiers ; mais 4a maison, vous l'eussiez prise pour un arsenal. Ce n'étaient que fusils, pistolets, sabres, couteaux, coutelas. To«t me déplut, et je vis bien que je déplaisais aussi. Mon camarade au contraire : il était de la famille, il riait, il • Calabre. Partie inéridionale du royaume de Naples.

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