‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 132 sur 320 · LES DEUX VOISINS · texte numérisé non relu

LES DEUX VOISINS

Deux hommes étaient voisins, et chacun d'eux avait une femme et plusieurs petits enfants, et son seul travail pour les faire vivre.

Et l'un de ces deux hommes s'inquiétait en lui-même, disant : Si je meurs, ou que je tombe malade, que deviendront ma femme et mes enfants ?

Et cette pensée ne le qmttaît point, et elle rongeait son cœur comme un ver ronge le fruit où il est caché.

Or, bien que la même pensée fut venue également à l'autre père, il ne s'y était point arrêté ; car, disait-il. Dieu, qui connaît toutes ses créatures et qui veille sur elles, veillera aussi sur moi, et sur ma femme, et sur mes enfants.

Et c°lui-ci vivait tranquille, tandis que le premier ne goûtait pas un instant de repos ni de joie intérieurement.

Un jour qu'il travaillait aux champs, triste et abattu à cause de sa crainte, il vit quelques oiseaux entrer dans un buisson, en sortir, et puis bientôt y revenir encore."

Et, s' étant approché, il vit deux nids posés côte à côte, et dans chacun plusieurs petits nouvellement éclos et encore sans plumes.

' Ce charmant morceau, ainsi que les narrations qui suivent, est écrit en style biblique. La source sacrée des Ecritures a seule pu inspirer une morale si pure et créer des tableaux si touchants.

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