LA JUSTICE ET LA CHARITE
€t combien ne l'ont pas ! un abri, et combien ne savent où se retirer !
Il vous a, ma fille, donnée à moi : de quoi me plaindrais-je?"
À ces dernières paroles, la jeune fille, tout émue, tomba aux genoux de sa mère, prit ses mains, les baisa, et se pencha sur son sein en pleurant.
Et la mère, faisant im effort pour élever la voix : — " Ma fille," dit-elle, "le bonheur n'est pas de posséder beaucoup, mais d'espérer et d'aimer beaucoup.
Notre espérance n'est pas ici-bas ni notre amour non plus, ou s'il y est, ce n'est qu'en passant.
Après Dieu, vous m'êtes tout en ce monde ; mais ce monde s'évanouit comme un songe, et c'est pourquoi mon amour s'élève avec vous vers un autre monde . . . ."
Ce disant, la femme aux cheveux blancs tressaillit, et serra sur son cœur la jeune fille.
Lamennais. (Voyez la page UO.)