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Que sont les hommes sur la terre ? . . . . Une fatale révolution, une rapidité que rien n'arrête, entraîne tout dans les abîmes de l'éternité. Les siècles, les générations, les empires, tout va se perdre dans ce gouffre : tout y entre et rien n'en sort. Nos ancêtres nous eu ont frayé le chemin, et nous allons le frayer dans un moment à ceux qui viennent après nous. Ainsi les âges se renouvellent : ainsi la figure du monde change sans cesse : ainsi les morts et les vivants se succèdent et se remplacent continuellement. Rien ne demeure, tout s'use, tout s'éteint. Dieu seul est toujours le même, et ses années ne finissent point. Le torrent des âges et des siècles coule devant ses yeux, et il voit de faibles mortels, dans le temps même qu'ils sont entraînés par le cours fatal, l'insulter en passant, profiter de ce seul moment pour déshonorer son nom, et tomber au sortir de là entre les mains éternelles de sa justice.
Massillon . ( Voyez la pagsim.)
Le spectacle de la mer fait toujours une impression profonde ; elle est l'image de cet infini qui attire sans cesse la pensée, et dans lequel saîis cesse elle va se perdre .... On aime à rapprocher le plus pur des sentiments de l'âme, la religion, avec le spectacle de cette superbe mer, sur laquelle l'homme jamais ne peut imprimer sa trace. La terre est travaillée par lui, les montagnes sont coupées par ses routes, les rivières se resserrent en canaux, pour porter ses marchandises ; mais si les vaisseaux sillonnent \a\ moment les ondes, la vague vient effacer aussitôt cette légère marque de servitude, et la mer reparaît telle qu'elle fut au premier jour de la création.
Madame de StaÏîL. {Voyez la pcrje ^0.)