LA SOLITUDE
Si la solitude a ses jouissances, elle a ses privations ; elle paraît à l'infortuné un poste tranquille, d'où, il voit s'écouler les passions des autres hommes sans en être ébranlé ; mais pendant qu'il se félicite de son immobilité, le temps l'entraîne lui-même. On ne jette point l'ancre dans le fleuve de la vie ; il emporte également celui qui lutte contre son cours, et celui qui s'y abandonne, le sage comme l'insensé ; et tous deux arrivent à la fin de leurs jours, l'un après en avoir abusé, et l'autre sans en avoir joui.
Bernardin de Saint-Pierre. {Voyez la page b\.)