‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 19 sur 320 · INTRODUCTION, XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION, XXI

sauvera, et sans lui et sa grâce ne saurions faire une seule bonne œuvre en ce monde. Tous les matins et tous les soirs recommandez-vous à lui, et il vous aidera.

" La seconde, c'est que vous soyez doux et courtois à tous gentilshommes, en ôtant de vous tout orgueil. Soyez humble et serviable à toutes gens. Ne soyez médisant ni menteur. Maintenez-vous sobrement quant au boire et au manger. Fuyez envie, car c'est un vilain vice. Ne soyez flatteur ni rapporteur, car telles manières de gens ne viennent pas volontiers à grande perfection. Soyez loyal en faits et dits. Tenez votre parole. Soyez secourable à pauvres veuves et orphelins, et Dieu vous récompensera.

" La tierce, que des biens que Dieu vous donnera, vous soyez charitable aux pauvres nécessiteux ; car donner pour l'honneiar de lui n'appauvrit jamais ; et tenez de moi, mon enfant, que telle aumône pourrezvous faire, qui grandement vous profitera au corps et à l'âme.

" Voilà tout ce que je vous encharge. Je crois bien que votre père et moi ne vivrons plus guère. Dieu nous fasse la grâce à tout le moins, tant que nous serons en vie, que toujours nous puissions avoir bon rapport de vous."

Alors le bon chevalier, quelque jeune âge qu'il eilt, lui répondit . " Madame, ma mère, de votre bon enseignement, tant humblement qu'il m'est possible, vous remercie, et espère si bien l'ensuivre, que, moyennant la grâce de celui en la garde duquel vous me recommandez, en aurez contentement ; et, au demeurant, après m'ètre très-humblement recommandé à votre bonne grâce, je vais prendre congé de vous."

Alors la bonne dame tira de sa manche une petite boursette, en laquelle avait seulement six écus en or qu'elle donna à son fils. Et appela un de ses serviteurs, lui disant qu'il voulût prier le serviteur de l'écuyer, sous la charge de qui il seroit, qu'il s'en donnât un peu de garde, jusqu'à ce qu'il fût en plus grand âge.

DTX-SEPTIÈME SIFCLE.

Note. — C'est au dix-septième siècle que la langue française s'est fixée, c'est alors qu'elle parvint à ce degré de pureté, d'élégance et d'harmonie dont elle est redevable à la plume de Corneille, de Pascal (voyez la page 182), de Racine, de Bossuet (voyez la page 185), de Fénelon (voyez la page 1), et d'une foule de brillants écrivains, également célèbres. C'est donc ici que se terminent nos extraits du vieux langage et que vont commencer les morceaux choisis parmi les grands chefs-d'œuvre que la littérature française des trois derniers siècles a produits. Avant de renvoyer l'élève au texte de ce recueil et afin de rétablir l'ordre chronologique, qui ne pouvait être convenablement observé dans le corps de l'ouvrage, nous terminerons cette Introduction par une nouvelle table des matières, ou classification siècle p!ir siècle de tous le auteurs qui y sont cités. Par là, nous espérons compléter utilement le plan que nous nous sommes tracé en rédigeant cette compilation.

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