‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 212 sur 320 · FRAYSSINOUS · texte numérisé non relu

FRAYSSINOUS

c'est sous ce règne que brillent^ ce que la France compte d'orateurs, de poëtes, de savants, de philosophes, de magistrats, de capitaines, de pontifes les plus illustres.

Louis ajoute six provinces à son royaume*^, couvre ses frontières de places fortes, établit son petit-fils sur le trône d'Espagne*^, soutient dans sa \'ieillesse, avec ime magnanimité rare, les efforts de l'Europe conjurée. Par ce prince, la gloire du nom français est portée jusqu'aux extrémités du monde, et la France exerce sur l'Europe une espèce de suprématie d'esprit et de talent, qui, après un siècle et tant de désastres, se fait sentir encore. Quel règne ! quels titres à l'admiration publique ! Ils n'ont pas été mécomius ces titres par des hommes dont l'hommage n'est pas suspect, mais qui avaient eux-mêmes trop de talent pour insulter au siècle du génie ; je veux parler de Montesquieu^, de Voltaire^, et de Frédéric^. Mais aujourd'hui, que fait un esprit préoccupé de nos idées modernes? il fait un crime à Louis XIV de n'avoir pas régné d'après des formes et des vues qui n'étaient pas celles de son temps. Quelques écarts de politique, quelques erreurs d'ambition, des fautes personnelles qu'il a eu le courage de se reprocher luimême, voilà ce que l'on considère uniquement, et ce qui donne lieu aux plus violentes déclamations. Eh ! il n'est pas de simple particulier qui, dans la conduite de ses affaires domestiques, ne fasse quelque faute, et l'on voudrait qu'il n'y eût pas mie seule tache dans un règne de soixante ans de gloire et de prospérité ! Où est ici l'équité? et que peuvent au reste contre lui les clameurs de la médiocrité? Les vains détracteurs passent, et la gloire reste.

» C'est par syllepse que ce verbe est au pluriel.

*■ La Flandre, la Franche-Comté, V Alsace, conquises \>ax Louis XIV , VAriois, le Roussillon, par Louis XIII, mais réunis à la couronne j>ar Louis XIV ; le Nivernais, qui y fut aussi réuni par l'extinction de la féodalité.

' Charles II (frère cadet de Marie-Thérèse, voyez la page 332j roi d'Espagne, n'ayant pas d'héritier direct, reconnut, par testament, pour successeur Philippe, duc d'Anjou, second fils du Dauphin fils de Louis XIV.

^ Montesquieu. Voyez la page 285. " Voltaire. Voyez ia page 177.

ï Frédéric H roi de Prusse, surnommé le Grand, naquit à Berlin en 1712, mourut en 1786.

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