S98 DE SALVANDY
tions de tous les peuples, grandisseut de siècle en siècle, grâce aux actions sm-humaines dont la fable grossit leur histoire, et finissent par laisser l'crudit incertain si ces Hercule, ces Sésostris, ces Romulus, dont le nom et les monuments sont partout, ont jamais vécu ; qu'un jour la civilisation disparût de notre vieux, continent ; qu'il restât des poésies, des chroniques, des médailles, des ruines ; qu'à travers les ravages du temps, l'historien lût le même nom insciit siu* la pieri'e de Y Esciirial% sur le marbre du Capitule, sur le granit des Pyramides ; qu'il le retrouvât dans les deTjris de Schoe7ibrunn^, de Potsdam", du Kremlin^, comme sous le sable des déserts, ajouterait-il foi aux témoignages qui feraient de ce nom celui d'un seul conquérant, d'un même potentat, d'un monarque grand entre les législateurs aussi bien qu'entre les guerriers? Comment croire à cet empire du monde avec xm point de départ si lointain, à ce complet changement de la face de l'univers sous la main d'un seul homme, à ces nations, à ces dynasties faites ou défaites en dix ans ? comment croire surtout ;\ ces victoires sans nombre, à ces conquêtes sans terme, avec toutes les créations des arts, les routes ouvertes, les temples restaurés, les ponts construits, les musées fondés, avec Anvers creusé^ et les Alpes aplanies*^? Que dire de ces autres créations plus grandes, les institutions, les codes, une législation entière, qui embrasse à la fois la vie civile et pohtique des peuples, au lendemain d'une révolution dévorante, à travers les invasions et les guerres plus dévorantes peut-être? Conciliez avec tant de puissance ses catastrophes soudaines ; avec tant de génie, sa chute
» h'Escurial, à sept lieues de Madrid. C'est une célèbre maison royale où les souverains d'Espagne séjournent de temps à autre.
" Schoenbrûnn (belle source), palais impérial à une demi-lieue de Vienne, où, en 1805 et en 1809, Napoléon établit son quartier-général.
■^ Potsdam, ville des Etats prussiens, à sLx lieues de Berlin. Dans une des églises de cette ville est le tombeau de Frédéric II, que visita Napoléon.
'^ Voyez la page 391.
' Le grand bassin A' Anvers.
' La route du Simplon. pratiquée au travers des Alpes lépontiennes, a 14 lieues de longueur, et a coilté six années de travaux.