Jourd. Est-ce que les gens de quahté en ont
Le m. de mus. Oui, monsieur.
3L Jourd. J'en aurai donc. Cela sera-t-il beau?
Le m. de mus. Sans doute. Il vous faudra trois voix, vn dessus^, une Jiaute-confre-, et une basse, qui seront accompagnées d'une basse de vioîe^, d'un téorhe*, et d'un clavecin^ pour les basses continues^, avec deux dessus de violon'^ pour jouer les ritoiunelles.
M. Jourd. H y faudra mettre aussi ime trompette marine*. La trompette marine est un instrument qui me plaît, et qui est hannonieux.
Le m. de mus. Laissez-nous gouverner les choses.
31. Jourd. Au moins, n'oubliez pas tantôt de m'envoyer des musiciens poiu: chanter à table.
Le m. de mus. Vous aurez tout ce qu'il vous faut.
* Cet instrument est formé d'une seule corde fort grosse montée sur un chevalet, et qui rend un son assez semblable à celui de la trompette.
[Scène suivante.]
M. Jourdain, un maître d'armes, le maître de musique, le maître à danser; un laquais tenant deux fleurets.
Le m. d'armes. J« vous l'ai déjà dit, tout le secret des armes^ ne consiste qu'en deux choses, à donner et à ne point recevoir ; et, comme je vousfls voir- l'autre jour par raison démonstrative, il est impossible que vous receviez si vous savez détourner l'épée de votre ennemP de la ligne de votre coi-ps; ce qiu ne dépend seulement que d'un petit mouvement du poignet, ou en dedans, ou en dehors*.
M. Jourd. De cette facon^ donc, im homme, sans avoir du cœur^, est sûr de tuer son homme, et de n'être point tué?
Le m. d'armes. Sans doute ; n'en vîtes-vous pas la démonstration?
M. Jourd. Oui.
Le m. d'armes. Et c'est en quoi l'on voit de quelle considération, nous autres, nous devons étre^ dans un état ; et combien la science des annes l'emporte^ hautement sur toutes les autres sciences inutUes, comme la danse, la musique, la...
Le m. à dans. Tout beau^, monsieur h tireur d'armes^° l ne parlez de la danse qu'avec respect.
Le m. de mus. Apprenez, je vous prie, à mieux traiter l'excellence de la musique.
Le m. d'armes. Vous êtes de plaisantes gens^^, de vouloir comparer vos sciences à la mienne !
Le m. de mus. Voyez un peu l'homme d'importance !
Le m. à dans. Voilà un plaisant animal, avec son plastron '" !
Le m. d'armes. Mon petit maître à danser, je vous ferais danser comme il faut. Et vous, mon petit musicien, je vous ferais chanter de la belle manière.
Le m. à dans. Monsieur le batteur de fer, je vous apprendi-a' votre métier.
M. Jourd. [aw maître à danser.'] Etes-vous fou de l'aller quereller, lui qui entend la tierce et la quarte, et qui sait tuer un homme par raison démonstrative ?
Le m. à dans. Je me moque de sa raison démonstrative, et de sa tierce, et ai sa quarte.
M. Jourd. \au maître à danser.] Tout doux^^, vous djs-je !
Le m. d'ar-nes. ïau maître à danser.] Comment! petit impertinent !
M. Jourd. Hé I mon maître d'armes !
Le m. à dans. \au 'f.iaître d'armes.'} Comment ! grand cheval de carrosse !