‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 280 sur 320 · Scène du Médecin malgré lui, comédie · texte numérisé non relu

Scène du Médecin malgré lui, comédie

ValIire, Sganarelle devenu médecin malgré lui, Géronte Lucas, Jacqueline; un peu après, Lucinde.

Val. Monsieur, préparez-vous. Voici notre médecin qui entre.

Gér. [à Sgan-I Monsieur, je suis ravi de vous voir chez moi, et nous avons grand besoin de vous.

Sgan. \en robe de médecin, avec un chapeau des plus pointus.^ Hippocrate dit que nous nous couvrions tous deux.

Gér. Hippocrate dit cela ?

Sgan. Oui.

Gér. Dans quel chapitre, s'il vous plaît ?

Sgan. Dans son chapitre. . . .des chapeaux.

Gér. Puisqu' Hippocrate le dit, il le faut faire. Monsieur, j'ai une fille qui est tombée dans une étrange maladie.

Sgan. Je suis ravi, monsiem*, que votre fille ait besoin de moi ; et je souhaiterais de tout mon cœur que vous en eussiez besoin aussi, vous et toute votre famille, poiir vous témoigner l'envie que j'ai de vous servir.

Gér. Je vous suis obhgé de ces sentiments.

Sgan. Je vous assm-e que c'est du meilleur de mon âme que je vous parle.

Gér. C'est trop d'honneur que vous me faites.

Sgan. Comment s'appelle voti-e fille?

Gér. Lucinde.

Sgan. Lucinde ! Ah ! beau nom à médicamenter^ ! Lucinde ! . . . .Est-ce là la malade?

Gér. Oui. Je n'ai qu'elle de fille ; et j'aurais tous les regrets -♦ du monde si eUe venait à mourir.

Sgan. Qu'elle s'en garde bien ! Il ne faut pas qu'elle meure sans l'ordonnance du médecin.

Gér. Allons, un siège.

Sgan. [assis entre Géronte et Lucinde.'] Voilà une malade qui est encore bien fraîche, et je tiens qu'un homme de goût s'en accommoderait assez".

Gér. Vous l'avez fait rire, monsieur.

Sgan. Tant mieux : lorsque le médecin fait rire le malade, c'est le meilleur signe du monde. [À Lucinde.] Hé bien ! de quoi est-il question ? Qu'avez-vous ? Quel est le mal que vous sentez ?

Luc. [portant sa main à sa bouche, à sa ttte et sous son menton.] Han, hi, hon, han.

Page 1