‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 282 sur 320 · LE MÉDECIN MALGRE L"DI · texte numérisé non relu

LE MÉDECIN MALGRE L"DI

vapeurs .... comprenez bien ce raisonnement, je vous prie ; et parce que lesdites vapeurs ont iine certaine malignité .... écoutez bien ceci, je vous conjure.

Gér. Oui.

Sgan. Ont une certaine malignité qui est causée .... soj-ez attentif, s'il vous plaît.

Gér. Je le suis.

Sgan. Qui est causée par l'âcreté des humeurs engendi'écs dans la concavité du diaphragme*, il arrive que ces vapeurs. . . . Ossabandus, nequeis, nequer, potarinum, quipsa milus'^. Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette°.

Jacq. Ah ! que ça est bian^ dit, notre homme !

Lucas. Que n'ai-je la langue aussi bian'' ^era^Me^ !

Ger. On ne peut pas mieux raisonner, sans doute. Il n'y a qu'une seule chose qui m'a choqué : c'est l'endroit du foie et du cœur, n me semble que vous les placez auti-ement qu'ils ne sont ; que le cceiu* est du côté gauche, et le foie du côté droit.

Sgan. Oui, cela était autrefois ainsi : mais nous avons changé tout cela, et nous faisons maintenant la médecine d'une méthode toute nouvelle.

Gér. C'est ce que je ne savais pas, et je vous demande pardon de mon ignorance.

Sgan. Il n')' a point de mal ; et vous n'êtes pas obhgé d'être aussi habile que nous.

Gér. Assurément. Mais, monsieur, que croyez-vous qu'il faille faire à cette maladie ?

Sgan. Ce que je crois qu'il faille faire ?

Gér. Oui.

Sgan, Mon avis est qu'on la remette sur son lit, et qu'on lui fasse prendre pour remède quantité de pain trempé dans du vin.

Gér. Pourquoi cela, monsieur?

Sgan. Parce qu'il y a dans le vin et le pain, mêlés ensemble, une vertu sympathique qui fait parler. Ne voj^ez-vous pas bien qu'on ne dorme autre chose aux peiToquets, et qu'ils apprennent à parler en mangeant de cela ?

Gér. Cela est vrai. Ah ! le gi-and homme ! Vite, quantité de pain et de vin.

Sgan. Je reviendrai voir sur le soir en quel état elle sera.

Gér. Attendez un peu, s'il vovis plaît.

Sgan. Que voulez-vous faire ?

» Ces mots sont forgés. ■> ôien.

Crér. Vous donner de l'argent, monsieur. Sgan. [tendant sa main par derrière, tandis que Géronte ouvre sa bourse.'l Je n'en prendi'ai pas, monsieur. Gér. Monsieur .... Sgan. Point du tout.

Gér. Un petit moment.

Sgan. En aucune façon.

Gér. De grâce. ' Sgan. Vous vous moquez.

Gér. Voilà qui est fait.

Sgan. Je n'en ferai rien.

Gér. Hé!

Sgan, Ce n'est pas l'argent qui me fait agir. Gér. Je le crois.

Sgan. [après avoir pris l'argent.^ Cela est-il de poids? Gér. Oui, monsieur.

Sgan. Je ne suis pas un médecin mercenaire. Gér. Je le sais bien.

Sgan. L'intérêt ne me gouverne point.

Gér. Je n'ai pas cette pensée.

Molière. {Voyez la page m.)

Scènes tirées des Précieuses ridicules, comédie.

[Molière se moque de l'affectation et de la pédanterie qui existaient de son temps.]

Madelon; Cathos; Mascarille, valet, prenant les airs du beau monde ; Almanzor.

Maso, [après avoir salué.^ Mesdames, vous serez surprises sans doute de l'audace de ma visite ; mais votre réputation vous attire cette méchante affaire^, et le mérite a pour moi des channes si puissants, que je cours partout après lui.

Mad. Si vous poursuivez le mérite, ce n'est pas sur nos terres que vous devez chasser.

Cat. Pour voii" chez nous le mérite, il a fallu que vous l'y ayez amené. Ma chère, il faudrait faii'e donner des sièges.

Mad. Holà! Almanzor.

Alm. Madame?

Mad. Vite, voiturez-nous ici les commodités de la conversation.

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