‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 41 sur 320 · LA CATARACTE DE NIAGARA · texte numérisé non relu

LA CATARACTE DE NIAGARA

Nous arrivâmes bientôt au bord de la cataracte, qui s'annonçait par d'affreux mugissements. Elle est formée par la ri\-ière Niagara, qui sort du lac Erié, et se jette dans le lac Ontario ; sa hauteur perpendiculaire est de cent quarante-quatre pieds : depuis le lac Erié jusqu'au saut, le fleuve arrive toujours en déclinant par une pente rapide; et, au moment de la chute, c'est moins un fleuve qu'une mer, dont les torrents se pressent à la bouche béante^ d'un gouffre. La cataracte se divise en deux branches, et se courbe en fer à cheval. Entre les deux chutes s'avance une île, creusée" en dessous, qui pend, avec tous ses arbres, sur le chaos des ondes. La masse du fleuve, qui se précipite au midi, s'arrondit en un vaste cylindre, puis se déroule en nappe' de neige, et brille au soleil de toutes les couleurs : celle qui tombe au levant^, descend dans une ombre effrayante ; on du*ait mie colonne d'eau du déluge. Mille arcs-en-ciel se courbent et se croisent sur l'abîme. L'onde, frappant le roc ébranW, rejaillit^ en tourbillons d'écume qui s'élèvent au-dessus des forêts, comme les fumées d'mi vaste embrasement. Des pins, des noyers sauvages, des rochers taillés'^ en forme de fantômes, décorent la scène. Des aigles, entraînés^ par le coui'ant d'air, descendent en tournoyant au fond du gouffre, et des car-

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