‹ Réponse à un article critique de Ernest Renan Jules OppertChapitre 2 sur 2 · IG · texte numérisé non relu

IG

Niniveou de Babylone nous montrent ces mômes monogrammes substitués à leurs expressions phonétiques ; les uns nous apprennent le sens «les signes, les autres nous en enseignent la prononciation. Quelquefois aussi les mêmes idées se retrouvent à Persépolis exprimées des deux manières; mais le lecteur saura déjà que nous avons seulement ^(ou un) texte trilingue sur 500 (ou cinq cents) inscriptions indépendantes. Cela explique suffisamment le secours que nou3 pouvons attendre do l'étude de ces dernières.

Toutes les conclusions peu rassurantes de M. Renan tombent donc avec les faits mômes. Mais ce n’est pas la seule objection ; qu'on l’écoute ;

« Je suis porté h croire que, dans la simple constatation de l’identité graphique des caractères, et dans leur reproduction typographique, MM. les assyriologues, quelle que soit leur habileté, commettent beaucoup d’inexactitudes, et si le lapicide assyrien ressuscitait, il verrait’ que bien souvent ou s’est trompé sur ses intentions. »

M. Renan a entre les mains les syllabaires, les inscriptions de Ninive, la grande majorité des textes dont je dispose et dont je lui rends l’usage facile par mes citations ; le Louvre est ouvert pour lui comme pour moi : n’aurait-il pas dû, pour donner du poids h ses croyances, prouver nos inexactitudes, ne fût-ce que par un seul exemple, au lieu d’attendre la résurroclion du lapicide assyrien? Car la crainte de ce lapicide ne troublera pas le sommeil de MM. les assyriologues.

Ces vagues contradictions ne peuvent que propager le doute dans le public incompétent, sans rendre aucun service à la science. M. Renan croit que « ce labyrinthe de difficultés devait rendre l’écriture assyrienne presque illisible pour les Assyriens eux-mêmes. » Et pourquoi se sontils donc servis de cette écriture dans leurs inscriptions, soit textes publics, soit contrats et lettres de chango? Est-ce, par hasard, pour que, , deux mille ans plus tard, les uns aient l’occasion de faire des livres, et les autres .celle de faire des articles? L’écriture assyrienne est compliquée, sans doute, mais elle est beaucoup plus lisible que la plupart des écritures orientales aujourd’hui en usage, telles que le shikesteh , le divâni et d’autres, et que l’on lit pourtant, on ne comprend presque pas comment. Elle est même énormément plus lisible que le pehlevi et le koufique. Je voudrais aussi voir le passage où j’ai annoncé que « nos

avantages » s’étendent jusqu’à lire mieux que les Assyriens leur propre écriture; personne, jusqu’ici, n’a cru que nous lisions mieux que les Assyriens.

M. Renan n’a pas prévu une autre réponse qui renverse toutes ses objections au sujet du sémitisme. Nous avons d’un côté la traduction d’un texte, nous en connaissons mot par mot le sens, de l’autre le texte assyrien quo nous sommes en mesure de transcrire, de manière à ce que M. Renan lui-même est forcé à accepter les résultats. Nous prenons le texte de Van, dans lequel se trouvent quarante-trois mots; de ce nombre, vingt-huit se retrouvent avec la même signification dans les autres idiomes sémitiques; des quinze autres, dix sont formés de mots qui s’y trouvent, mais avec une autre signification ; cinq enfin ne s’observent pas dans les autres langues. Toutes les formations verbales qui s’y trouvent sont faites selon lo génie du sémitisme. Dans les inscriptions trilingues, les mots ciel, terre, dieu, roi, grand, homme, langue, père, frère, mère, maison, porte, et beaucoup d’autres sont purement sémitiques. Les notions pour lesquelles il existe en assyrien une expression spéciale, présentent justement le même phénomène dans toutes les autres langues sémitiques. Prenons la première phrase de la Bible, et traduisons-la dans ces langues :

En hébreu : berêshit bara elôhim eth hashshama'im weeth haares ' .

En arabe : bilibtidâ khalaq allàh ussamawst walardh.

En cbaldaïque : beqadmin bera elaha shemdia wear’H.

En syriaque : brishit bre aloho yot shmayo weyot ar’o.

En éthiopien : beqadâmi gdbra ecziabher (!) semâya wamedra (!).

En assyrien : »» qadmi bana iluhu shami au irsxt.

Cela montre que si l’assyrien s’éloigne dans les mots abstraits des autres dialectes, il n’en est pas de même pour les mots fondamentaux. Voyons le mot arabe qui veut dire créer : c’est en arabe seul que khalaq a cette acception, car en hébreu il veut dire « être lisse, différer », et en assyrien « détruire ». Faire se dit en arabe ’amal, en hébreu ’asa, en chaldaïque ’abad, en éthiopien gabar, en assyrien ’abash.

I tu romain transcrit le V-

M. Renan déplore « que les habitudes de la grammaire générale des langues sémitiques y ( c’est-à-dire , dans les inscriptions assyriennes) sont souvent violées. » Quelles sont ces habitudes -là? « Pour comprendre l’étonnement que cause ce fait , il faut se rappeler lo grand caractère d’unité des langues sémitiques. » Encore ici, c’est une erreur : cette unité n’existe que dans la similitude de la flexion, le môme principe d’altération des racines trilitères. Or ce principe existe en assyrien. Tous les préfixes y sont les mômes que partout ailleurs, et môme plus conformes aux autres idiomes que ceui du syriaque. Les formes de conjugaison, le niphal, paël, iphtaal , shaphel, ishtaphal, se retrouvent en assyrien ; il n’y a môme rien de « bizarre et de subtil »; rien n’y est artificiel , tout est fondé sur un système conforme au génie des langues -sémitiques. Les tables de conjugaisons que j’ai dressées en font foi.

L’assyrien a, sans doute, malgré son intime parenté avec l’hébreu, l’arabe, l’araméen, l’éthiopien, des différences sur quelques points isolés dans le grand nombre des faits ; mais est-ce que l’hébreu , à chaque instant, ne montre pas de dissemblances avec l’arabe, l’araméen, l’assyrien ? Où, sauf en hébreu et les langues ariennes , ki veut dire que, où pën veut-il dire que ne-pas? Où, ailleurs qu’en arabe, fi veut dire dans, ’an de, and auprès de? Où, ailleurs qu’en éthiopien (et en assyrien) ,ust est une préposition ? Bien souvent les mots qui nous avaient jusqu'ici paru isolés dans telle langue, se retrouvent justement en assyrien ; le chiffre hébreu onze, ’ashthe-’asar, sur lequekm a tant écrit depuis deux mille ans, n'est intelligible que depuis qu’on sait que ’ishthin veut dire un en assyrien, et que le chiffre hébreu signifie tm et dix. Est-ce qu’on a contesté le sémitisme de l’himyarique, et pourtant quelles formes nouvelles ne s’y présentent pas? Et qui nous dit donc que, si nous connaissions aussi parfaitement l’ancienhébreupopulaireque nous savons l’arabe vulgaire, nous n’y trouverions pas d’autres formes assyrisanles, et sans analogie aucune dans la langue écrite? L’arabe vulgaire no renferme-t-il pas beaucoup de tournures de ce genre, parfaitement isolées, mais trèssémitiques, et qui, pour n’êtrepas dans l'usage des livres, n’eu appartiennent pas moins au fond même de la langue?

Je ne m’étendrai pas sur la différence des racines dans les différentes langues sémitiques qui s'éloignent partout où '41 ne s’agit pas de choses

concrètes. J'ai déjà donné un exemple de la divergence de ces idiomes pour la notion de faire ; les notions de savoir, vouloir, pouvoir, devoir, venir, aller, parler, et beaucoup d’autres, de l’usage le plus commun, ont dans chacune des langues sémitiques des expressions qui ne se retrouvent pas dans les autres idiomes de la môme race. L’hébreu a un mot spécial pour prier ( hithpalal ) que l'on cherche en vain dans les langues arabe, araméenne, assyrienne, qui toutes ont la racine sala nSï • D’un autre côté, les mots rendant les fonctions vitales, telles que vitre, mourir, naître, engendrer, manger, boire, sont communes à toutes les langues sémitiques, et si un idiome s’en éloigne, c'est l'arahe, et non l’assyrien.

M. Renan dit : « La langue sémitique que nous donne M. Oppert blesse en plusieurs points le sentiment que je crois avoir d’une langue sémitique. » En plusieurs points, mais non pas dans les points principaux, non pas dans tous les points. Et puisque nous retrouvons les mômes phénomènes dans toute* les familles sémitiques, nous tournons même le syllogisme de M. Renan contre lui. Notre savant critique semble dire :

La langue assyrienne blesse le sentiment de M. Renan sur les langues sémitiques en plusieurs points :

Donc la langue assyrienne n’est pas sémitique ;

Nous, qui ne constatons que des faits , nous dirons :

La langue assyrienne blesse le sentiment de M. Renan sur Us langues sémitiques en plusieurs points :

Donc M. Renan n’ a peut-être pas U vrai sentiment de ces idiomes.

U ne suffit pas de nous citer deux prépositions assyriennes, quand l’immense majorité des suffixes pronominaux et verbaux, tout l’organisme de la conjugaison assyrienne, dont M. Renan aurait dû parier, montre une physionomie sémitique très-pronoDcée : chose reconnue par toutes les personnes compétentes, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Russie, en Hollande, en Turquie même, ainsi que par toutes les personnes qui se sont occupées de cette question en France.

M. Renan n’est que spécieux quand il dit : « Un des traits les plu? essentiels des langues sémitiques, c’est la netteté.et la régularité de leur

orthographe. » Je m'étonne que M. Renan ait oublié d'ajouter que j’ai établi ce qu’il a admis pleinement, que l’écriture cunéiforme a été inventée par un peuple non sémitique. Que les Assyriens sémitiques ont accepté une écriture d’uneautre nation, tandis qu’il pouvaient en choisir une qui aurait mieux convenu à leur langue *, c'est regrettable, mais ce n’est pas la faute do MM. les assyriologues.

•J'aimerais aussi que M. Renan n’eût pas écrit le passage suivant :

« Toutes les troisièmes personnes masculines du futur *, par exemple, devraient commencer par un même signe correspondant au a (i) préformant. Il semble que la trilitérité (!) des racines sémitiques se remarquerait également. »

D’abord, presque toutes les formes de mon travail que M . Renan cite comme non sémitiques sont trilitères, on peut s’en convaincre ; mais cela n’est rien encore. La troisième personne en assyrien commence partout par un t, mais pas par le même signe, parce que l’écriture est syllabique. Dans l’inscription de Van il y a les troisièmes personnes : ibnü , il a fait, iddin il a donné, iqabbi il a dit, istakan il a fait, ibis il a fait, istur il a écrit, yulaams ils ont ordonné. Ces formes sont différentes de abnü j’ai fait, addin j’ai donné , tabnu tu as fait, laddin tu as donné, nabnn nous avons fait, naddin nous avons donné, laddinü vous avez donné, iddin, ü ils ont donné : flexions, tout à fait sémitiques.

Donc, le i se trouve. Nous nous étonnons cependant d’une objection qui peut faire impression sur les personnes qui ne connaissent pas les langues sémitiques ; car M. Renan, qui est un syriologue éminent, doit savoir qu’en syriaque la troisième personne commence par un n,et pourtant il n’a pas, que je sache, retranché cette langue de la famille sémitique.

Il n’y a pas parmi les remarques générales de M. Renan une seule que l’on ne puisse réfuter par des faits. M. Renan dit, par exemple, que <t aucune famille des langues n’a si profondément distingué le son du

1 Les Français, comme tous les peuples ariens de l'Burope et de l'Asie, te serrent d'une écriture sémitique, et cette écriture, en usage également ebei les Sémites, en probablement elle-même d’oHgioe chamite.

S Mieux vaudrait dire l’aoriste.

sens, et ne s’est moins souciée dans son orthographe de peindre la prononciation ». Cela n’est vrai que pour l’arabe, mais non pas pour l’hébreu et l’éthiopien. M. Kenan se plaint « de la façon plate » d’écrire les mots assyriens, et en môme temps, il reproche à MM. les assyriologues « d’offrir une langue dans laquelle la représentation du son matériel semble le but unique que se propose l’écrivain. » Mais est-ce de notre faute, que les Assyriens se sont servis d’une écriture non sémitique? Faut-il s’en prendre aux interprètes des textes turcs et persans, de ce que les langues de la Turquie et de la Perse sont écrites avec l’alphabet arabe peu conforme h leur génie?

Toutes les digressions sur nos « subtilités » et nos « bizarreries » sont plus insaisissables encore; il n’y a pas un seul chef d’accusation. Nous pourrons dire, au contraire, que cette subtilité avec laquelle nous appliquons les différentes règles grammaticales (par exemple, celles des impératifs, infinitifs et autres formes que nous avons retrouvées) prouve en faveur de notre « esprit méthodique » et de notre « sentiment sémitique.»

Après l’exposition des objections générales, dont aucune n’a une grande force, M. Renan aborde les détails pour faire voir ce qu’il y a « de certain, de probable et d’incertain ». J’aurais voulu que M. Renan eût distingué d’une manière plus logique entre « le certain, le possible elle faux »; mais heureusement pour moi, cette dernière catégorie manque dans son appréciation ; il y manque d’ailleurs celle du certain, excepté un ou deux cas reconnus depuis cinquante ans. M. Renan ne connaît, dans les détails, que les choses assez probables et peu probables; il ne sort pas de là. 11 analyse une inscription accompagnée d’une traduction ; quand un groupe assyrien remplaco constamment les mots perses ciel, terre, homme, etc., le sens lui en paraît assez probable; mais quand on a le bonheur de prouver, par des pages entières de citations de textes (que M. Renan aurait dû vérifier), la prononciation sémitique de ces mots, cette prononciation est peu probable.

Voici la traduction du texte trilingue :

« C’est un grand dieu qu’Ormuzd, le plus grand des dieux, qui a créé le ciel, qui a créé la terre, qui a créé les hommes, qui a donné aux hommes leur supériorité, qui a fait roi Xerxès, roi de boaucoup do rois, et dont les sorviteurs commandent à la totalité des pays.

« Je suis Xeriès, grand roi, roi des rois, roi des pays où se parient toutes les langues, roi de cette terre vaste et grande, fils du roi Darius, Achéménide.

« Xeriès roi fait savoir : Lo roi Darius, lui qui fut mon père, fit, par la grâce d'Ormuid, beaucoup do monuments, et il rendit un décret pour faire une table dans ce roc, mais il n'y grava pas d’inscriptions. Alors, j’ai rendu un décret pour faire une inscription sur cette table.

« Que me protège Ormuzd avec tous les dieux, moi et mon empire, et ce que j’ai fait. »

Cette inscription se trouve gravée b Vah en Arménie, en trois langues, en perse, en médo-scythique et en assyrien. Les paragraphes T, Il et IV se retrouvent partout répétés à Perscpolis, Hamadan, etc.; aussi M. Renan accepte, comme nous, le sens de cette inscription. Quelquefois la suite de la rédaction est un peu différente ; par exemple, on lit aussi « qui a créé la terre, qui a créé le ciel; » la fin du premier paragraphe est souvent ainsi conçu : « seul roi de beaucoup de rois, seul gouverneur de beaucoup de gouverneurs. »

Le premier qui ait analysé le texte assyrien de cette inscription, est M. de Saulcy. Il y a bientôt dix ans, c’est-b-dire avant la publication du texte capital de Bisoutoun, que ce savant, induit en erreur par la rédaction perse, assimila le groupe ciel b la terre, et terre au ciel. M. Renan s’est servi de l’erreur surannée de son confrère pour parler des « incertitudes de ces recherches; » mais on pourrait lui prouver d’autre part que ces études ne sont pas tellement incertaines, puisque cette confusion èst dans ce genre la seule que M. de Saulcy ait commise, même b cette époque-lh. Au lieu de rappeler gratuitement l’ei+eur de M. de Saulcy, M. Renan aurait peut-être inieux fait de montrer en quoi mes lectures, tout en faisant « honneur b ma sagacité, sont loin d’emporter la conviction ». J’ai prouvé par les inscriptions trilingues où le mot terre se trouveseul, lequel des deux groupés signifiait ciel, et lequel dénote terre; j’ai ensuite démontré que chez les Assyriens ciel se disait saml, et terre irsil; et j’ai cité pour Cela huit passages des inscriptions, que l’on retrouve plus de trente fois. La véritable raison de ces incertitudes est le caractère sémitique de ces mots, car si j’avais obtenu un mot non sémitique,' M. Renan douterait moins de ma transcription.

— So-

rt Des doutes (lesquels?) restent également sur l'expression que M,Oppert traduit par terre; elle devrait se lire ki-tiv très-souvent. » Mais elle se lit fréquemment ki-tiv, par exemple, sur le caillou de Michaux (cité Etudes assyriennes, p. 24) seulement trois fois.

« Cela amène le savant auteur h une théorie de ta déclinaison, assyrienne, singulière au premier coup, non impossible cependant. »

Il était bon à dire que cette déclinaison assyrienne conGrine les mes de M. Muuk sur la déclinaison hébraïque et que j’ai citées. Je vois avec plaisir que M. Renan ne repousse pas cette idée, comme l’a fait un savant allemand que, quoi qu’en disent M. Renan et lui-même, peu de personnes en Allemagne considèrent comme une autorité dans les recherches de déchiffrement sémitique.

Je passe sous silence la plupart des remarques de M. Renan sur la su ite, qui se résument, comme réponse à une interprétation de trente pages in-quarto, dans les mots assez probable ou peu probable; je parlerai seulement du mot iddina, où la forme babylonienne de na (signalée pourtant comme telle p. 109, n° 59) lui fait dire à tort, que cette forme parle contre mon principe de l’absence de l’homophonie. 11 aurait dû, je crois, également prendre connaissance de mon déchiffrement du signe li (p. 38) qui se lit des milliers de fois, avant de douter de la lecture du mot lisan langue. Le doute est également, h cette occasion, déterminé par le sémitisme incontestable de ce mot.

Je ne puis pourtant passer sous- silence sa remarque vers la tin du premier paragraphe :

« Je n’insisterai pas sur la hardiesso des corrections que M. Oppert est obligé de faire à son texto, en cet endroit, pour obtenir la lecture qu’il désire. Supposons que le membre de phrase que nous discutons en ce moment doive se lire en effet : NO’JW’ '3U nnn HTU JN IWTÎttl? « cujus servi orbi terrarum imperanl » ; je demande h ceux qui connaissent les langues sémitiques, si une telle phrase est acceptable. »

Je demande d’abord à M. Renan pourquoi il n’insiste pas sur la hardiesse de mes corrections. Je n’insisterai pas sur une réponse que je puis me donner è moi-môme : Il n'y a pas de corrections I Mais c’est un

oubli el il faut passer outre. Ceui qui connaissent les langues sémitiques demanderont à leur tour à M. Renan, comment il traduirait cette phrase, en arabe et en hébreu ; en bon sémitiste, M. Renan sera obligé de leur offrir justement la construction qu’il repousse et qui est la seule possible :

En arabe : elladzi khadamuh fi djumleth-el-mamBlik yahkumün.

En hébreu : asher ’abadSv ’al kol-gebûlôth ere s yimlëku.

On rend, dans toutes les langues sémitiques, cujus servi par qui servi ejus *.

Donc l’objection de M. Renan au sujet de la construction est écartée; reste l’analyse des mots. Nous commençons par le mot gabbi, qui veut dire « tout ».Lo savant critique n’en conteste ni la signification, ni la lecture, caraussi, il faut l’avouer, jusqu’ici nous n’avons pas trouvé un mot analogue dans les langues sémitiques. Mais nous ne savons pas non plus citer un mot hébreu parent h l’arabe djxmlelh et qui veuille dire « totalité ».

Quant au mot uh$« minister», c’est bien plus grave. Enaraboilexisto une racine 'ados « ministrare ». M. Renan me reproche d’avoir cité l’arabe ; mais l’arabe est pourtant une langue sémitique, et s’il faut s’en servir avec prudence, il ne faut pas l’exclure. M. Renan, qui est si sévère pour les nombreuses étymologies qui se trouvent dans mon livre, a presque toujours employé l’arabe pour les explications qu’il a proposées dans ses écrits.

Je partage, du reste, pleinement les vues de M. Renan sur le danger qu’offre le dictionnaire arabe ; car j’ai dit, page 298 :

« On s’étonnera sans doute que nous nous soyons si longtemps arrêté b démontrer et l’identité et la coexistence de deux racines dont ni

I Voir Expêd. en Métapot., Il, p. 1T>2.

S Ce qui me frappe surtout dans les appréciations de M. Renan, c'est qu’il lient lmp peu compte, selon moi, de la langue comme forme de la pensée. Certainement les grammaires de l’héhreu, de l'assyrien et de l'arabe se ressemblent beaucoup en Ibeorie; mais ces régies, dans l'application, produisent des phrases très-dilTérentes. La langue, d.m> la bouche du peuple, se conforme au génie de ce dernier, et ne se soucie pas des affinités étroites que les philologues paurent trouver entre elle et l’idiome d'une nation congénère. Mais, pour se pénétrer de ce fait, il faut avoir écrit ou parlé les langues différentes.

l’une ni l’autre ne sera contestée par personne; mais nous dirons ici* une fois pour toutes, qu’on ne doit accepter ces identités dans l’interprétation qu’après s’en être préalablement assuré ; car sans cela on pourrait, dans la même phrase, défendre deux significations diamétralement opposées, tant est considérable la quantité de racines qu'on peut produire pour faire accepter son explication, surtout quand on se fourvoie dans le dictionnaire arabe. »

Mais ici je ne me suis point fourvoyé. Mon rapprochement de l’assyrien « serviteur » avec l’arabe « servir » est conBrmé par les inscriptions ; car, postérieurement à la rédaction des pages 132 h 135 dans lesquelles j’établis très-longuement mon interprétation , mais antérieurement b la rédaction de l’article de M. Renan, j’ai montré à ce savant, à la Bibliothèque Impériale, sur l’épreuve photographique des syllabaires qu’il a entre les mains, l’explication du verbe idis par s amas. Or ce mot assyrien rappelle la racine samas araméenne et néo-judaïque, qui veut dire terxnr.

M. Renan a dû oublier ce fait quand il dit que le Ramons a présente comme des sens ordinaires et habituels, des applications indirectes et passagères, à peu près comme si, dé ce passage, Epicuri de gregeporcus, un glossateur maladroit concluait, sans autre explication , que porcus, entre autres sens, a celui de discipulus. »

D’abord , le Kamous n’a pas commis de ces bévues-là : l’auteur en savait l’arabe mieux que ne saurait le latin le glossateur maladroit qui expliquerait porcus par discipulus, et qui prouverait par cela môme qu’il n’aurait pas lu la quatrième épltre d’Horace. Nous dirons à M. Renan : « Nostrorum sermonum candide judex, puisque le glossateur maladroit peut objecter que les pourceaux de Poissy sont bien des élèves, est-ce que nous serions si maladroits en faisant venir « serviteur » de « servir » ?

La lecture phonétique étant sûre de tous points ;

Le sens étant connu et accepté par M. Renan ;

M. Renan étant versé dans les langues sémitiques ;

Je lui demande d’expliquer la phrase autrement que je l'ai fait.

Ainsi le perse mand pitd veut dire a men père » ; on le trouve traduit abua. M. Renan « ne me contredira pas », mais il trouve mon

interprétation attaquable sur beaucoup de points. Qu’il attaque donc les deux mots iiriN et l'an, et qu’il renverse les preuves que j’ai données à plusieurs endroits 1 ; qu’il détruise donc la formule kima abuuummu « comme père et mère ». Mais les points nombreux se réduisent à un seul : le sémitisme du mol abu.

11 y a un fait dont M.. Uenan ne doute pas : c’est que de deux signes idéographiques, l’un signifie dieu, l’autre roi; le sens seul est certain. C’est à peu près ce que Gretéfend a vu, il y a bientôt cinquante an*. Estce qu’on n’aurait rien acquis depuis lors ? Il est pourtant assez probable qu’il y ait encore quelque chose de découvert, et ces découvertes doivent se trouver parmi les nombreux faits sur lesquels M. Renan garde un silence trop discret. Sans compter les mots que contient l’inscription et les autres auxquels s'arrête le savant critique, il est, dans les trente pages de 121 à 154, question de cent quarante formes assyriennes dont M. Renan ne dit pas un mot. a Daus quelle proportion se mêle », pour ces cent quarante mots, « le certain, le probable et l’incertain? » Combien y en a-t-il d’assez probables, et combien de peu probables?

J’aurais préféré , dans l'intérêt de ces recherches nouvelles, où l’on a besoin du contrôle d’autrui, un examen plus net, plus décisif. Qu’on relève hardiment mes erreurs, mais qu’on reconnaisse franchement mes découvertes. Car aucun faitde la critique de M. Renan n’a réformé un iota de ce que j’ai avancé, et même toutes les erreurs qui s’y trouvent sont encore debout. M. Renan a pu soulever des préventions mal fondées contre ces études dans l’esprit de ceux qui sont étrangers à ces recherches : néanmoins , mon amour de la vérité aurait de tout cœur passé sur le ton peu bienveillant de ses objections , si l’acerbilé de la forme était excusée par la puissance de la critique.

! Exp. Mil. Il, p. 44, 363, 161 ; Él. anyr., p. <47, <80, <83 i Joum. Jl., ISS6, VU, p. 43».

Dans la troisième partie de mon travail, j’ai soumis à une analyse rigoureusement philologique les textes unilingues de Babylone et de Ninive. J’ai donné le texte cunéiforme, une transcription en caractères latins, une traduction interlinéaire latine, une analyse grammaticale de chaque signe, de chaque mot, une traduction française et une transcription én lettres hébraïques. J’ai ainsi fourni assez d'éléments à l’examen de M. Renan. Mon savant critique pouvait donc s’expliquer en quoi les inscriptions de Nabuchodonosor sur ses édifices, ses canaux, le temple de Mylitta, ne sont pas ce que je pense. Il pouvait contester ma traduction du fragment de la grande inscription qui traite des murs de Babylone, ou l’exactitude des versions que je fournis des textes de Nériglissor, de Nabonid, de Naramsin. Il était à même de réfuter l’interprétation des briques de Sargon, celle de la tablette votive en l’honneur de la fondation de Kborsabad , celle des inscriptions du Harem , celle de la légonde du Louvre qui explique la scène du bas-relief qu’elle accompagne 1 . Il avait l'occasion de combattre mes lectures des noms royaux Tiglatpileser, Assurdanilan, Sennachérib, Sardanapale, Assarbaddon, Assaranadis, Baladan, Nabonassnr, Saosdoukin, Séloucus, Antiochus, Démétrius.

M. Renan n’a pas critiqué mes lectures, il n’a pas attaqué les principes de la grammaire, il n’a pas combattu le sens général des textes que j’établis. 11 veut bien, dans un passage à deux fin», parler de ma « rare pénétration»; dans un autre il loue ma « bonne foi». Mais accepte-t-il les résultats inconnus aux lecteurs qui n’auront pas lu mon livre? Il passe sous silence de six à sept mille faits philologiques; il dit seulement

I C'est à l'interprétation de celle légende que M. Renan aurait dû s'attaquer, puiaqu'elle rat conforme au eu jet du bu-relief, pour l'appréciation duquel on n'a pat besoin de aaroir lire lea inecriptious cunéiformes.

que n j'ai l’air d’être plus hardi et ingénieux, que solide et précis ' », et cela parce que, dans une note d’un autre ouvrage, les Études assyriennes, dont M. Renan n’a pas parlé jusque-là, j’ai proposé de fausses étymologies des mots grecs v(Xextpov et (jloXoSSoç ; parce que j'ai mal 1 interprété le second élément kudurr du nom Nabukudurrusur, Nabuchodonosor, quoique j’aie dit (p. 258} « que le sens de cet élément était encore à trouver ». Si encore les opinions de M. Renan étaient plus spécieuses que mes vues très-problématiques sur ces petits accessoires ; mais elles sont tout aussi hypothétiques.

Quand M. Renansignale à la réprobation dessémitisteslaracine dagal «attendre», dont je rapproche l’hébreu degel «étendard», mon rapprochement peutêtre erroné ; mais que le traducteurassyrien de l’inscription de Bisouloun l’ait employée dans ce sens plusieurs fois, et cela dans une forme très-sémitique, cela n’est réellement pas de ma faute. Puisque l’original perse est à côté, elle sens n’en est pas contesté, il aurait au moins fallu attaquer mon déchiffrement.

Ces griefs et une dizaine d’autres aussi peu graves , dont plusieurs même sont très-mal fondés, forment les seules objections que M. Renan fait valoir contre plus de deux cents pages in-i°. C’est de là qu’il déduit une foule d’accusations générales. MM. les assyriologues n’ont pas une juste idée de la fluidité (!) du langage. Je ne connais pas les idées de MM. les assyriologues sur ce point important, mais je doute que, si leurs idées sont fausses, ils trouvent beaucoup d’instruction à cet égard dans l'article de M. Renan. Mais MM. les assyriologues n’en reconnaissent pas moins le mérite hors ligne des travaux de M. Renan, quand même ils ne s’expliqueraient pas l’interprétation de Saqanmolck (où M. Renan confond un q avec un k), les étymologies de Surmubel, de Sanchoun ialhon, de OùotêoXXatOoç, de SaXpoàatôoç 2 , de OùdoSrikoçj de Hobal (où

1 Que reut dire H. Renan , par ces paroles trés-peu précises, en vue de l'application rigoureuse de régies grammaticales découvertes par moi 7 M. Renan esl-il précis et solide quand il traduit en langue civilisée les incartades d'un certain saranl, datées longtemps acantl'apparilion de l'expédition de Mésopotamie?

1 M. Renan y voit le mot arabe itah, dieu, allah, le dieu, dont le h, en vertu d’une toi générais des langues sémitiques, ne peut jamais se changer en (A, parce qu'il est radical. De l'existenca de ces noms, M. Renan conclut au monothéisme des Palmjréniensi

M. Renan voit l’hébreu habaal) * et les quelques autres étymologies de notre trop sévère critique. MM, les assyriologues diront :« Pauperis est numerare pecus : quand même vous nous prouveriez la fausseté de six cents faits, soyez clément à cause des cinq mille sept cents autres ! 3 »

On s’étonnera peut-être de ce parti pris de malveillance à l’égard de ces études; mais nous croyons que, psychologiquement parlant, M. Renan traverse une phase qui l’amènera vers la vérité. Poussé par des considérations ethnologiques très-contestables, M. Renan a nié d’abord le sémitisme des Assyriens. Nous ne savons pas de quel droit il a pu traiter des hommes qui étaient dans le vrai sur ce point, comme ayant plus « de hardiesse que de philologie et de méthode K ». Plus tard il a accordé qu’il y avait en Assyrie un fond sémitique. Maintenant M. Renan étend cette même concession à la langue assyrienne ; et bientôt, nous espérons, il proclamera avec nous que la langue assyrienne est une branche des langues sémitiques, tout aussi sémitique que l’hébreu, le chaldaïque, l’araméen, l’arabe et l’éthiopien.

Dans la première édition de son ouvrage, M. Renan a parlé de la langue à jamais perdue des conquérants de l’ Assyrie. M. Renan dit aujourd’hui que cette épithète ne se rapporte pas à la langue des inscriptions, mais à l’idiome que parlaient les Casdira touraniens. Je suis enchanté de trouver dans cette interprétation une première influence des travaux sur les textes cunéiformes. Mais si la langue à jamais perdue n’est pas la langue assyrienne, pourquoi M . Renan cile-t-il à l’appui de son opinion les noms inexplicables, selon lui , de Sennachérib, Sardanapale et d’autres, qui sont justement des noms de cette langue assyrienne ? C’était, je crois,

lundis que la présence du th dénote ou la forme féminine ilahalh, la déesse, ou le pluriel alihath, les dieux. En présence de tell faits, je réclame l’indulgence pour mes erreurs.

i Même requête. Ce serait, uous pensons, au moins habbaal, et nous ne parlons paa du aïn, au sujet duquel M. Renan rejette l'explication , inadmissible, selon lui, de Sennaar par Sinnohar, Mésopotamie, les deux fleures.

S Le nombre de faits contenus dans V Expédition de UisopoUimie. ce doot tout le monde peut se conraincre, est de 6.S00, de ceux des Étude» assyriennes, 1,600. Toul 8,300. Ce chiffre s’amoindrit de deux mille, par suite des répétitions comptées dans cette évaluation, comme par la défalcation des opinions erronées. Restent donc lix mille trois eents faits qui peuvent être comptés comme assez sûrs.

3 Cela n’est Juste que pour Moïse, qui était peu philologue.

une bonne occasion de prouver que nos interprétations de ces noms ne sont pas aussi irréfutables que nous croyons l’avoir démontré dans de longs chapitres de notre livre.

Les Assyriens une fois devenus Sémites, la langue assyrienne une fois reconnue comme sémitique, une partie du système de M. Renan sera modifiée. Mais, pour garantir l’intégrité de ce système, devrons-nous sacrifier la vérité?

En somme, qu’a fait la critique de M. Renan ?

A-t-elle détruit les bases du déchiffrement ? Won, elle les reconnaît.

A-t-elle ébranlé les principes du syllabisme, de l’idéographisme, de l’origine hiéroglyphique, de l’origine non sémitique de l’écriture cunéiforme? Non, elle les reconnaît.

A-t-elle démontré la non-existence de la polyphonie? Non, elle a dû se rendre à l’évidence.

A-t-elle pu trouver des raisons suffisantes pour nier le complément phonétique ? Non, elle ne le trouve que bizarre.

A-trelle pu démontrer le non-sémitisme de la longue des inscriptions ? Non, puisque toutes ses observations, peu concluantes si elles étaient fondées, ont été réfutées.

A-t-elle pu contester le sens général d’une seule des inscriptions de Babylone et de Ninive? Elle n’a pas même tenté de le faire.

A-t-elle pu substituer aux explications du détail, sans doute erronées en plus d’on point, une interprétation plus conforme à la vérité ? Non, elle n’a pas même soupçonné les rectifications que nous pouvons faire nous-même.

A-t-elle été utile à la science? Oui, elle a consacré, pour la première fois, par la discussion, la réalité du déchiffrement des inscriptions cunéiformes.

Après ce résultat, nous pouvons nous borner à applaudir aux principes et conseils que M. Renan veut bien nous donner à la fin : 11 faut suivre une ligne rigoureusement philologique, être réservé et modeste, ne pas briguer les applaudissements du grand public et se contenter des suffrages des savants d’élite !

M. Renan croit aussi qu’un changement d'esprit soit necessaire.

Nous sommes heureux de pouvoir accepter les conseils de M. Renan; mais, placés comme ils le sont au point de vue de la rhétorique, ils ont presque l’air de reproches, et, «e qui est plus grave, de personnalités. Or telle ne peut être l’intention de M. Renan. 11 sait que, de bonne foi, réservé et modeste, j’ai le courage de mon ignorance, comme la conscience de ma faillibilité. II peut encore supposer que le second volume de l’expédition de Mésopotamie n’esrt pas destiné pour le public de la Revue des Deux-Mondes et du Journal des Débats. Membre de l’Institut, il pourrait même deviner quels sont les hommes dont je désiro avant tout avoir l’approbation.

M. Renan ne peut exiger que tout le monde ait ses rares talents d’écrivain, et puisse charmer le lecteur par sa belle plume. Où traversai ôeo'i yjxpUmx oiSoüat trvopaatv.

Ordinairement l’un exclut l’autre : tels hommes sont de modestes travailleurs, sans briller par leur style ; d’autres sont d’éminents écrivains, et peuvent vulgariser les idées des autres. M. Renan dit que Champollion et Groléfend étaient de médiocres philologues : soit , mais ils avaient leur mérite.

Quant au changement d' esprit nécessaire , je sens certainement la nécessité d’une plus grande perfection, comme celle d’acquérir de nouvelles connaissances, et de substituer à mes erreurs les résultats d’une incessante étude. Je compte sur le concours d’autrui , surtout sur les lumières de M. Renan, qui ne nous refusera pas do mettre lo succès de sa critique future à la hauteur de sa sévérité.

Ainsi, quoique M. Renan n’ait pas infirmé un seul de nos points principaux, et qu’il n’ait pris en considération que des détails complètement indifférents, nous no pouvons, en réponse de toutes les objections do sa part, que le remercier sincèrement de sa critique ; car nous nous sommes ainsi exprimés à la fin de notre livre :

« Dans l’intérêt de la science, nous désirons un contrôle consciencieux, un examen désintéressé. Nous appelons de tous nos vœux la critique des détails qu’il faudra ou infirmer, ou accepter.

« C’est la seule discussion des faitsqui fera jaillir le lumière, qui mettra la vérité dans tout son jour et la fera passer dans le domaine public, en dissipant la dernière ombre qui offusque toute découverte, celle de la personnalité. Que les efforts des philologues du dii-neuvième siècle rendent lisible de nouveau une grande page depuis longtemps effacée de l’histoire humaine : peu importe celui qui en aura enseigné la lecture à la postérité, et qui aura révélé aux générations futures la vérité, comparable au diamant dont l’éclat ne perd ni ne gagne, quel que soit l’humble mineur qui l’ait trouvé, quel que soit le patient ouvrier qui l’ait mis en œuvre. »

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