Réponse aux Considérations de M. Moreau, dit Saint-Méry, député à l'Assemblée nationale, sur les colonies;
VT ft a c e s soient rendues à rassemblée nationale! Elle veut donc enfin entendre nos défenseurs ! nos écrits ont donc fait tomber le prestige dont nos adversaires Fenvironnoient. Sa séance du 8 mai a comblé de joie les hommes de couleur ; elle leur prouve que la justice ne peut être long-temps bannie du sanctuaire des lois, que tôt ou tard les opprimés y trouvent des protecteurs , et que leur langage, parlant à-la-fois à la raison et au cœur , ne peut manquer d'être accueilli de cetre masse de législateurs qui veulent sincèrement le bien , de ces législateurs qui , n'étant pas instruits , peuvent balancer quelque temps, mais qui, convaincus de la vérité , se font un devoir de lui donner leur assentiment Respectables sénateurs , continuez votre ouvrage. L'énergie avec laquelle vous avez repoussé nos adversaires , à cette mémorable séance ,
prouve que vons voulez secouer le joug des fausses terreurs. — Si vous faites de nous des hommes \ des citoyens , qui pour-
riez-vous redouter ? les blancs ?
Que la loi parle clairement , qu elle nous appuie , et nous répondons de leur obéissance. Les esclaves ? Quoique dans l'état d'ignominie , nous avons su seuls les contenir. Serons-nous moins forts contre eux , quand les droits de citoyen nous attacheront plus que jamais à nos foyers 5 augmenteront rapidement notre population ?